dimanche 3 novembre 2013

René Char ou la baudruche outrelardée


Si François Crouzet, au moment d'écrire son très-réjouissant et très-jubilatoire Contre René Char, a laissé au râtelier ses armes lourdes, c'est parce qu'il savait bien que la destruction d'une baudruche aussi gonflée d'air que sa victime ne nécessiterait pas plus qu'une épingle fine. De fait, en 250 petites pages, voici le grand poète national lardé, relardé – outrelardé ! Ce n'est pas diminuer le talent de l'auteur que de signaler qu'il avait la tâche assez facile : pour ridiculiser René Char (charabias, charlatan, comme le note Crouzet…), il suffit de le citer, pratiquement sans choisir : emphase, amphigouris, boursouflures absconses sont là, presque à chaque vers. Néanmoins, il fallait une grande endurance, peut-être renforcée par un certain masochisme, pour s'appuyer, peut-être encore plus drôles que les poèmes du Provençal imbu de lui-même, les innombrables pages de ses thuriféraires confits en dévotion et rivalisant avec leur idole de préciosité obscure, encore alourdie par le jargon philosophico-universitaire propre à ce type de parasites – eh bien, Crouzet l'a fait pour vous, et il en tire d'indéniables effets comiques.

Le comique se hausse jusqu'au burlesque, lorsque Crouzet “met en scène” quelques vers comme s'il s'agissait de messages codés émanant de Radio-Londres, en nous invitant à les lire comme tels, après avoir reconstitué mentalement cet univers sonore que tout le monde connaît pour l'avoir entendu mille fois : fou-rire nerveux garanti. Essayez donc :

Quand la neige s'endort, la nuit rappelle ses chiens…

Les pluies sauvages favorisent les passants profonds…

L'angle de l'oreiller se moque de la tête…

Vous voyez : vous aussi, vous riez ! Tout ou presque est excellent dans ce petit livre, même si j'y ai malgré tout relevé une erreur grossière. À la page 156, Crouzet écrit : « Tout se passe comme si René Char enfant était tombé dans un vieux traité de tropes comme Astérix dans un bac de potion magique. » Toutes mes excuses, Monsieur Crouzet, mais c'est Obélix qui est tombé dans la marmite à potion, et non son compère. Voilà ce que c'est, de trop lire Char, ce poète tchétchène traduit par un logiciel sud-coréen. Comme je ne suis pas rancunier, je vous laisse tout de même le soin de (presque) conclure ce billet (p. 243) :

« Soyons juste quand même : par mille et un côtés, René Char, autant qu'il fait bâiller, fait rire, mais rire comme il fait bâiller : à s'en décrocher la mâchoire. Du grand rire ventru de Rabelais, du grand rire de chasse de Molière, du grand rire sadique de Voltaire ; du rire de panse de Léon Daudet, de gorge de Jules Renard, de tête de Léautaud. De tous les rires qu'ont toujours mérité dans ce pays autrefois les cuistres à bonnet, les donneurs de leçons, les imprécateurs, les objurgateurs, les vaticineurs solennels, les prophètes, les gourous, les mages, les vaches sacrées, les ânes à reliques qui prêchent et qui braient, et qui ruent. »

En bref, si l'on devait définir l'œuvre pléthorique et pâteuse de René Char, on pourrait, comme vous le faites judicieusement vous-même, paraphraser Emmanuel Chabrier parlant de certains compositeurs de son époque : « C'est de la poésie que c'est pas la peine. »

40 commentaires:

  1. puisiez vous faire mieux, vous qui vous complaisez tant dans votre dégueulure....alors que vous n'avez rien produit, et que le futur vous enterrera bien profond, là où les feuillets d'hypnos demeureront, éternels, pour votre plus grand malheur : vous n'êtes rien, face au grand homme qui à vos yeux a certainement pour défaut d'être résistant et; double ignominie pour un réac, communiste.... il n'en fallait pas plus pour vous vautrer dans votre fange si atrocement brune....

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    1. Ce n'est pas parce que des imbéciles ne comprennent rien qu'il n' y a rien à comprendre.

      Christian Cardon

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    2. Pour un aristo, il est bien ce DuChmoll. Dommage qu'il n'intervienne pas plus souvent.

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    3. Il est collector, celui-là !

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    4. "On est écrivain quand on a quelque chose à dire et qu'on est le seul à pouvoir dire."
      Vous êtes écrivain, à n'en pas douter.

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  2. Deux cent cinquante pages (de la part d'un historien me semble-t-il) pour dégonfler une soi-disant baudruche, n'est-ce pas trop?
    Sauf à vouloir se faire une réputation sur un auteur célèbre.
    Si j'osais, je pourrais faire un pastiche de votre titre (c'est tellement facile de se moquer d'un poète), dans le style :
    "François Crouzet ou un asticot sur un cadavre trop grand pour lui".
    Mais on comprend que vous donniez quelques signes d'allégeance et de soumission idéologique à votre futur éditeur, le très réactionnaire Belles lettres.

    Emily

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    1. Ah, c'est vrai que publier les classiques grecs, latins, chinois, sanskrits, etc., c'est particulièrement nauséabond, comme démarche. Je me demande d'ailleurs ce qu'on attend pour fermer cette officine fascisante par la force.

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    2. Et en brûler les livres, surtout...
      C.Monge

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  3. Est-ce que l'on ne pourrait pas citer aussi des passages des "Illuminations" de Rimbaud ou des poèmes de Mallarmé ou Apollinaire pour les tourner pareillement en ridicule ? Il y a aussi de très beaux vers chez René Char, par exemple dans les "Feuillets d'Hypnos"...

    Il a aussi été beaucoup admiré par des personnes de grande qualité, Camus (Albert), qui le tenait en grande estime, Gilbert Lély, le grand biographe de Sade, Paul Veyne, un des meilleurs spécialistes français de l'histoire romaine, qui lui a consacré un gros ouvrage ("René Char en ses poèmes"), ou Yves Battistini, qui a été mon professeur, grand helléniste, traducteur des présocratiques et des poèmes de Sapho, une des personnes qui m'a le plus impressionné par sa culture et son intelligence : il était aussi un grand ami et admirateur de Char qu'il citait souvent dans ses cours. J'ajouterai également Boulez à qui il a inspiré "Le Marteau sans maître". J'aurais tout de même du mal à ne voir tous ces gens-là que comme des "parasites" ou des précieux ridicules...

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    1. Crouzet cite assez longuement Paul Veyne, c'est même le seul des zélateurs du maître dont il ne se moque pas. Il donne aussi plusieurs extraits des Feuillets d'Hypnos, et franchement je vous les laisse.

      Et n'oublions pas que l'abbé Delille fut unanimement célébré comme un génie par les plus grands esprits de son temps…

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    2. Jean-François Brunet4 novembre 2013 à 22:33

      Harpe brève des mélèzes
      Sur l’éperon de mousse et de dalles en germes
      Façade des forêts où casse le nuage
      Contrepoint du vide auquel je crois.

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  4. De René il y a aussi :
    L' acte est vierge même répété .....
    J' avoue qu'il faut être sacrément pénétré pour comprendre

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    1. Non, ce vers n'est pas de Char, mais de DSK.

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  5. Les vrais poètes sont rares au XXe siècle (mis à part au début). J'aimais bien le Jacques Roubaud de "Quelque chose noir" (même si le titre fait aussi un peu "sabir belge").

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    1. En fait, je lis fort peu de poésie, qui m'emmerde prodigieusement, le plus souvent. Mais je me souviens avoir bien aimé Roubaud aussi. Enfin… à doses homéopathiques, tout de même !

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    2. Et Maurice Roche!!! L'anti Char (Dassaut)
      Nouvel Hemes

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  6. Quant aux "cuistres à bonnet, les donneurs de leçons, les imprécateurs, les objurgateurs, les vaticineurs solennels, les prophètes, les gourous, les mages, les vaches sacrées, les ânes à reliques qui prêchent et qui braient et qui ruent", de nos jours ils tiennent le haut du pavé et on n'entend qu'eux dès qu'on a la mauvaise idée d'allumer un poste de radio ou de télévision.

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  7. Ces liens d'or, cette bouche vermeille,
    Pleine de lis, de roses et d'oeillets,
    Et ces coraux chastement vermeillets,
    Et cette joue à l'Aurore pareille ;

    Ces mains, ce col, ce front, et cette oreille,
    Et de ce sein les boutons verdelets,
    Et de ces yeux les astres jumelets,
    Qui font trembler les âmes de merveille,

    Firent nicher Amour dedans mon sein,
    Qui gros de germe avait le ventre plein
    D'oeufs non formés qu'en notre sang il couve.

    Comment vivrai-je autrement qu'en langueur,
    Quand une engeance immortelle je trouve
    D'Amours éclos et couvés en mon coeur ?

    ---

    Pourquoi les contemporains ont-ils cherché à compliquer la poésie, alors qu'elle pourrait être aussi simple que cela ?

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  8. Didier, je trouve ce billet un peu limite, comme on dit : après une (peut-être trop rapide) vérification, il m'apparait que ce François Crouzet a publié son livre quelques années après la mort de Char. Je veux bien qu'on déboulonne des statues très festive élevée (Murray), mais de là à cracher sur des cadavres même trop embaumés... Votre grand pote (^^) Juan Asencio, a quand même plus de couilles que crouzet, quand il injurie des écrivains (et leurs avocats) bien vivants eux, au moins.
    De plus, vous écrivez plus haut que la poésie vous emmerde. Bon, c'est votre problème et votre droit, hein, mais pourquoi alors faire des billets sur des poètes ou des charognards (comme Crouzet) de poètes ?
    J'espère que ce Crouzet lui au moins, aime la poésie et tente de la défendre, cette chère vielle bique moribonde, parce que sinon, non seulement il serait croque-mort et vautour, mais en plus, un putain de vampire d'ambulance (ou de corbillard encore tiède, comme en veut).
    Quant à Char, je ne pense pas que ce soit lui qui se soit "baudruché".
    Peut mieux faire.
    Bien à vous.

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    1. Robert Marchenoir5 novembre 2013 à 15:11

      V'là aut'chose. On ne pourrait donc critiquer les gens que vivants. Les manifestations du bisounoursisme contemporain ne finiront jamais de m'étonner.

      Il y a peu de temps encore, c'était exactement l'inverse. La morale en vigueur voulait qu'on s'abstînt de révéler certains faits préjudiciables à l'honneur avant la mort de l'intéressé.

      Mais cela ne concernait que des faits relevant de la vie privée. Pas la critique littéraire, bien évidemment. La critique littéraire doit être libre de tout temps, que l'écrivain en cause soit vivant ou mort. Cela tombe tellement sous le sens qu'on rougit de l'écrire. Autant réclamer la liberté de respirer.

      La revendication inverse, tellement typique de l'époque, suggère que l'on ne pourrait critiquer quelqu'un qu'à la condition que la "victime" ait la possibilité de "répondre". La mention de Juan Asencio, qui conçoit la critique littéraire comme une bagarre de rue, achève le tableau d'une morale de roquets, de racailles.

      On retrouve à la fois la religion des drouâts (l'écrivain a le drouâ de répondre à la critique qui lui est adressée, toute autre situation serait une injustice insupportable), le culte stupide de l'égalité (le critiqué est égal au critique, s'il est mort et donc incapable de répondre ça va pas), la perversion de la notion de respé (dire du mal d'un écrivain mort, ce serait cracher sur son cadavre) et l'éthique de voyous qui a remplacé la morale ordinaire à travers des pans entiers de la société (les conflits se règlent par la menace et l'agression physique, celui qui critique un écrivain doit accepter le risque de se faire casser la gueule par ce dernier ; Asencio a des couilles parce qu'il court ce risque).

      Je propose qu'on arrête de dire du mal de monsieur Hitler : étant mort, il n'a plus la possibilité de répondre. Ceux qui le critiquent manquent donc de couilles.

      Je m'empresse de décourager d'avance tout abruti qui me reprocherait d'assimiler René Char à Hitler. La précaution n'est pas inutile. On a vu pire sur Internet.

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    2. C'est d'autant plus ridicule que les mêmes ne se priveront pas de reprocher à Voltaire d'avoir été antisémite, à Rousseau d'avoir abandonné ses enfants, à Flaubert ou à Baudelaire d'être misogynes, à Platon d'avoir négligé le vivre-ensemble, etc.

      Sans parler des tonnes d'insanités que l'on déverse sur les têtes de Barrès, Maurras, Drieu et consorts, sans même avoir jamais lu un seul de leurs livres.

      La blogosphère dans ses œuvres, quoi.

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    3. A mon avis, vous n'avez pas dû lire beaucoup de René Char, non plus!
      En revanche les écrivains xénophobes et racistes il semble que vous les possédiez bien, en effet!

      Emily

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    4. Votre opinion sur mes lectures, vous savez…

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    5. Marchenoir : vous avez gagné un « point Godwin » à retirer chez H16 (à propos de poésie, il fallait le faire hein !). Il n’est pas question pour moi d’interdire ou de faire interdire quoi que ce soit, surtout en matière d’arts ou de littérature (plus libéral que moi, vous mourez). Mon commentaire concernait le billet de Didier (que j’ai lu), relatif à René Char (que j’ai lu) et surtout, à la ridiculisation de sa poésie par un auteur Crouzet, que je n’ai pas lue et que je ne lirais certainement pas dans la mesure où je ne pense pas que ce genre d’exercice soit efficace et responsable quand on a l’intention (que je prête généreusement à Crouzet) de défendre l’art moribond de la poésie (que je connais un peu, moi au moins) ; même si je considère que nombre de ses thuriféraires et pratiquants, passés et présents, sont le plus souvent ridicules et emmerdants au possible.
      Crouzet, à priori, soit veut faire ricaner bêtement ceux qui ne connaissent ni la poésie, ni Char qui n’en peut plus mais, et c’est alors un sale con ; soit il veut faire rire intelligemment les afficionados de cet art et dans ce cas, il manque à la fois de courage et d’opportunité, car ils les auraient certainement bien plus fait rire en crevant la baudruche de certains « poètes », bien vivants, bien édités, bien médiatisés, nuls, vaniteux et prétentieux à chier et qui encombrent encore l’édition déclinante de la poésie qu’ils achèvent ainsi à coups de pelle festive.
      Enfin, je vous invite à lire le commentaire de DSL (5/11 – 22 :00), car il est nettement plus intelligent que les autres et que le billet de ( mauvais) Goux, d’ailleurs (Sans rancune, Didier hein !).
      Bien à vous et grosses bises (nourses), Bob.

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    6. Robert Marchenoir6 novembre 2013 à 13:29

      Décidément, rien ne vous fait peur, Martin. Je vous avais pourtant mis en garde, mais ça ne vous empêche pas de vous écraser sur le mur en klaxonnant. On pourrait vous remplacer par un logiciel que ça ne changerait rien.

      Répondre "point Godwin" à chaque fois que quelqu'un mentionne Hitler est stupide. Hitler a bel et bien existé, et a eu une légère influence sur l'histoire contemporaine -- pour ne pas dire sur l'idéologie d'aujourd'hui. Il est parfaitement légitime d'en parler.

      Il est temps d'inventer le point Godwin au carré, qui consiste à mettre à l'index quiconque répond bêtement, sans réfléchir, "point Godwin" à chaque fois que le nom de Hitler apparaît quelque part.

      Vous n'avez pas semblé remarquer qu'on pouvait remplacer, dans mon argument, Hitler par Staline, Mahomet, Landru ou des milliers d'autres noms, sans ôter quoi que ce soit à sa nature ou à sa pertinence.

      Vous n'avez donc apporté aucune objection à mon argument, que je rappelle ici, pour la peine :

      Je propose qu'on arrête de dire du mal de monsieur Hitler : étant mort, il n'a plus la possibilité de "répondre". Ceux qui le critiquent "manquent donc de couilles".

      Ceci répondait à votre extravagante affirmation qu'il serait déplacé de critiquer des poètes morts.

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    7. Robert : ah, mais putain de bordel de nom de dieu à roulettes ! C’est moi maintenant qui suis un vieux con de troll périplaquiste degôche. Vous êtes vraiment gonflé à la moquette effritée, mon gars. Il ne me semble pas, sauf erreur, que Hitler, Staline, Bonaparte ou Alexandre (le Grand, pas Vialatte) restent dans les mémoires (collectives ou légales ou pas) pour leurs poésie distinguées hein ! (Même si, cela étant, pour avoir entre-aperçu, quelques toiles de l’Adolphe et lu quelques pages du jeune Napoléon acnéen — qui rêvait de devenir écrivain, voir poète… Si, si.).
      Je vous rappelle humble et calme que le billet de Didier se rapportait au livre du Sieur Crouzet qui — paraît-il — tourne en ridicule la poésie de feu René Char (poète de son art). Il ne me semble pas ce Crouzet soit un historien, un politologue ou encore un socio-pipologue de banlieue fleurie. Je peux supposer que ce monsieur est un critique littéraire et non un historien de la Seconde Guerre mondiale et partant, il se moque (un peu facilement à mon goût — c’est tout ce que j’en pense) d’un POÈTE qui fut LE SEUL ET UNIQUE RESPONSABLE de son œuvre poétique et qui n’est plus là, soit pour lui foutre son poing dans la gueule, soit pour rigoler avec lui autour d’un verre ou d’une choucroute basque, hallal ou pas.
      De plus, et je l’ai écrit, je ne pense pas que son ouvrage fasse avancer le schmilblick de la poésie qui crève.
      Le commentaire de Emmanuel F, plus haut, mériterait lui aussi d’être médité un peu plus.
      Voilà, mon cher Robert, vous, qui gâchez sans cesse vos rares interventions et vos commentaires opportuns, intéressants et intelligents, par d’ineptes provocations de cour de récré. Allez, je ne vous hais point quand même. Bien à vous.

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  9. J'avoue mon inculture, je ne connaissais même pas ce gars là et cela ne m'empêche pas de vivre par contre j'ai lu du cyber-punk, une forme de science-fiction, c'est très bien et certainement moins lourdingue à digérer que de la poésie.

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  10. S'il y a bien un domaine où cela n'a pas grand sens de dire "ça, c'est bon", "ça, c'est surfait", c'est bien la poésie- presque autant que la musique; tout ce qu'on peut en dire, c'est "ça, ça me touche" ou "ça, ça m'en touche l'une sans faire bouger l'autre". Je crains que vous nous ayez fait, là, peut-être inconsciemment, du jdanovisme de droite (" Char est un mauvais poète parce qu'il était de gauche").
    Ce ne doit pas être facile, la vie de blogueur réac...

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    1. Vous n'êtes pas si vieux que ça.
      (je vous ai épargné le trop prévisible "Enchanté; moi, c'est Elie Arié")

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    2. Je ne rêve pas. Il a écrit presque autant que la musique.

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    3. Encore un qui prend les gens de haut.
      Ils devraient faire une association tiens!

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    4. "Presque" et "quelque" ne s'élident avec apostrophe que dans presqu'île et quelqu'un(e). Quelconque, ne s'élide jamais:

      Il est arrivé presque au bout de son travail.
      Il eut soudain quelque envie de tout quitter.
      Elle a été retardée par un quelconque incident.

      (pour d'autres informations sur la grammaire, n'hésitez pas à demander).

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    5. Encore que certains écrivains (mais évidemment je n'ai plus d'exemples précis en tête…) ne se privent pas d'élider en d'autres circonstances, et d'écrire par exemple "presqu'aussi bien" ou "quelqu'abruti". Mais enfin, la règle est bien telle que vous dites.

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    6. Je ne rêve pas. Tout le monde a pensé que je parlais de grammaire. Saloperie d'ailes de géant qui m'empêchent de voir où je mets les pieds...

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  11. Il n'est pas facile de critiquer un poète. Dire pourquoi certains vers sont beaux, ou grands, en faire un chef d'oeuvre, ou au contraire en rire, les ridiculiser. La poésie obéit à des règles qui nous sont peu familières, elle parle un langage dont nous avons perdu la clef. Peut être qu'il ne faut pas y chercher autre chose qu'une petite musique qui nous accompagne comme l'horloge égrene le temps.
    Et vous quel poète aimez vous détester ?

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  12. MERCI, GRAND MERCI pour cette très belle photo de René CHAR…
    Pour le reste, je ne sais pas vous lire.

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  13. Merci GRAND MERCI pour cette très belle photo de René Char, et avec une bonne définition en plus…
    Pour le reste, Crouzet restera Crouzet tout comme Char restera lui-même.

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  14. Allergique par bon goût de ce massacreur de la langue française je me suis imaginé, à un anachronisme près, comment, dans la cour de récréation, ses petits camarades lui lançant sans arrêt "arrête ton char, rené", cette moquerie avait pu susciter une résilience (chère à un autre escroc que je ne nommerai pas) pour engager un portefaix à la fois dans la résistance et dans la carrière de contempteur de métaphore. Il fut aussi lourd dans l'une comme dans l'autre. Voilà quelqu'un qui passa toute sa vie à côté de la plaque, sans jamais comprendre ce qu'est la poésie. N'y a t-il pas un moyen de faire une pétition pour lui retirer son statut de poète ?

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