dimanche 18 décembre 2016

Charles Darwin et les frères ennemis


Dans le domaine de la biologie, de la paléontologie, etc., les néodarwinistes dogmatiques et les créationnistes illuminés forment un duo de frères ennemis dont on ne voit pas comment on pourrait les séparer, chacun ayant tout intérêt à la survie de l'autre. Les créationnistes – c'est-à-dire ceux qui prétendent que Dieu a créé toutes les espèces d'un coup juste après avoir bricolé la Terre il y a quelques milliers d'années – sont indispensables aux néodarwinistes, en ce qu'ils leurs servent de repoussoir, d'épouvantail ; de même que, sur le plan politique, le Front national est nécessaire aux progressistes pour menacer et faire taire tous ceux qui auraient l'idée de remettre un tant soit peu en cause leurs innovations les plus asilaires (c'est le fameux “faire-le-jeu-du-FN”, brandi plusieurs fois par jour et à propos de tout). Tout scientifiques émettant des doutes sur tel aspect de l'évolution par la sélection naturelle, ou faisant remarquer que, au vu des dernières découvertes dans un domaine ou un autre, la théorie initiale a de plus en plus tendance à prendre l'eau, celui-là verra aussitôt surgir devant lui l'un des grands-prêtres assermentés du dogme (Richard Dawkins ou Daniel Dennett, le plus souvent), qui le désignera à la vindicte de la communauté scientifique en l'accusant de “fournir des armes aux créationnistes”, même si le malheureux fourvoyé est aussi athée que vous et moi. À partir de là, il lui deviendra nettement plus difficile de continuer à publier ses futurs articles dans les grandes revues “à référés”.

À l'inverse, les créationnistes ont tout autant besoin des néodarwiniens rigoristes. Les replâtrages, les colmatages et les acrobaties de plus en plus périlleuses que ces derniers sont contraints d'inventer, chaque fois qu'une nouvelle brèche apparaît dans leur arche miraculeuse, donnent davantage de poids aux attaques des premiers, qui les accusent volontiers de vouloir à tout prix camoufler les contradictions du darwinisme et de tenter d'étouffer toute remise en question, même quand elle provient d'un savant se réclamant lui-même du néodarwinisme ; ils finissent par les accuser d'avoir transformé  le darwinisme en une véritable secte ; ce qui, venant d'eux, ne manque pas de sel.

Pendant que se déroulent ces querelles de chiffonniers, des savants de plus en plus nombreux, et venant d'un peu tous les horizons mettent à jour des lézardes supplémentaires, ouvrent de nouvelles pistes de recherches, font appel aux modèles mathématiques, à la physique quantique, etc., en sachant qu'ils risquent à tout moment de se faire rejeter dans le camp des créationnistes, ou d'être récupérés directement par eux. Tout cela parce que, au fond, ni les “néo” – dont c'est le gagne-pain –, ni les “créa” – qui en ont besoin comme repoussoir de plus en plus facile à attaquer – n'ont intérêt à ce que l'évolution basée sur la sélection naturelle s'effondre un de ces jours, proche ou lointain, mais de plus en plus envisageable.

Du reste, ce verbe, “s'effondrer”, n'est pas forcément pertinent. Si, en effet, le système de représentation du monde mis en place par Ptolémée et ses successeurs est bel et bien tombé en poussière sous les coups portés par Copernic, Galilée et les suivants, il n'en a nullement été de même pour le système de Newton à l'apparition de la relativité générale d'Einstein : celle-ci n'a pas détruit celui-là, elle l'a en quelque sorte avalé. Mais les lois de Newton continuent d'être valables et utilisables, tant que l'on se cantonne à notre planète : c'est seulement quand on passe à l'échelle de la galaxie et du cosmos qu'elles cessent d'être pertinentes. À l'autre bout du champ, elles ne sont pas valables non plus lorsqu'on s'enfonce dans l'infiniment petit, qui est le domaine de la physique quantique. Peut-être en ira-t-il de même pour la théorie de Darwin, comme un certain nombre de savants tend à le dire de plus en plus ouvertement : l'évolution par la sélection naturelle demeurera sans doute un principe d'explication fiable pour ce qui concerne les micro-évolutions (mutations et sélection à l'intérieur des espèces), mais devra être remplacé par autre chose pour les macro-évolutions (naissance de nouvelles espèces). Quelle “autre chose” ? C'est tout l'enjeu, qui rend la question si passionnante. Apparemment des pistes commencent à se dessiner, des hommes et des femmes s'y sont engagés : certains se perdront en route, mais d'autres arriveront peut-être quelque part.

40 commentaires:

  1. Et surtout, si d'aventure vous arriviez quelque part, ne manquez pas de nous en avertir !

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    1. Les lecteurs de ce blog seront évidemment les premiers avertis !

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  2. Il serait bon de suggérer à vos lecteurs quelques ouvrages sur ce thème. Mais à condition que ça ne fasse pas le jeu du Front National, hein ?

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    1. J'en recommanderai un, qui, en plus d'être un bon panorama des questions et problèmes posés, offre à la fin une bibliographie “expliquée”, indiquant les niveaux de difficultés des livres cités.

      Le livre en question est celui-ci.

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  3. A la suite de mon gros succès pour intéresser les gouxistes à Halton Arp, je me lance dans la réabilitation de Charles Hutchins Hapgood. Le fait qu'il ait eu le soutien d'Einstein (cité dans mon lien) devrait aider...en principe...comme disait Archimède.
    La carte de Piri Reis.

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  4. Où l’on voit, malgré tout, l’influence de M Francis Marche, spécialiste des sciences et de tout le reste sur le site de l’In-nocence, sur M Goux, sa Némésis.
    Rassurez-vous, M. Goux, ou bien inquiétez-vous, les tenants dogmatiques du néo-Darwinisme, je veux dire tous les biologistes de la planète en gros, n’ont absolument rien à foutre des créationnistes ni des évolutionnistes crypto-théologiques façon Staune (« chercheur indépendant ouvertement chrétien » dit drôlement son article sur Wikipedia), dont ils ne parlent strictement jamais. Mais vous allez sans doute leur reprocher ça avec la même verve amusée que leur prétendu besoin d’eux.
    Ce n’est pas parce que l’excellent Dawkins a fait une partie de sa carrière d’écrivain dans une bataille contre les créationnistes, que les chercheurs en biologie s’en préoccupent le moins du monde.
    Mais expliquez-moi plutôt : pourquoi faut-il que tous les réactionnaires assumés de la planète, les épate-bobo, les thuriféraires du nauséabond, les vitupérateurs truculents de l’époque, les goûteurs gourmands des sorties antisémites, misogynes ou homophobes de tel ou tel écrivain, aillent se fourvoyer à parler de biologie, dont ils ne savent strictement rien, n’ayant que la plus vague idée , et se contrefichant royalement d’ailleurs, de ce qu’est un gène, un allèle, une cellule, un arbre phylogénétique, un phénotype ou une relation génotype-phénotype, ni le néo-Darwinisme lui-même ?
    On aurait pu espérer, a minima, qu’avec leur sens aigu de l’air du temps et du contrepieds idéologique, ils soient gardés de cette errance par le souvenir que depuis toujours l’anti-Darwinisme est, massivement et tout particulièrement en France, de gauche ! (Stalinien par exemple, mais pas que), et que l’ancienne nauséabonderie était plutôt Darwinienne, à son inepte façon...

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    1. Excellente illustration de ce que je tentais de dire, merci.

      (J'aime beaucoup votre argument : Certes Dawkins [et quelques autres] a écrit des livres et des articles par dizaines pour batailler contre tous ceux qui ont l'outrecuidance de toucher au dogme, mais en réalité ils ne s'en préoccupent pas le moins du monde.)

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    2. Non non, vous ne comprenez pas. Dawkins n'est pas, n'a jamais été un chercheur. C'est un excellent penseur, écrivain, vulgarisateur. Je disais que les chercheurs en biologie, ceux qui mettent à jour de nouveaux mécanismes évolutifs, qui raffinent et complètent par la phylogénomique ou la paléontologie l'arbre des espèces, qui découvrent des dinosaures avec des plumes etc... travaillent tous dans un cadre, en gros, néo-Darwinien et se fichent complètement de Staune et Cie.

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    3. Les chercheurs n'ont évidemment pas à se soucier de Staune, qui n'est qu'un vulgarisateur (terme non péjoratif dans ma bouche). En revanche, vous ne me ferez pas croire qu'ils restent ignorants ou indifférents aux voix plus ou moins discordantes, dès lors qu'elles émanent de l'un des leurs, d'un Christian de Duve, d'une Jean Chaline, d'un Michael Denton, etc. Ce serait une "cécité" bien peu scientifique, il me semble.

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    4. Je ne sais pas si je vous ferai le croire mais c'est tout à fait le cas. Denton est considéré comme un clown sans importance. Il y a toujours eu des individus brillants (je ne suis pas sûr que ce soit le cas de Denton) et très compétents, qui pour diverses raisons, à partir d’un certain moment, ont déliré. Qu’on songe à Linus Pauling, prix Nobel de chimie, qui a inventé à lui tout seul la ridicule mode (et très juteuse industrie, mais ce n’était pas la raison de son délire), de se goinfrer de vitamine C pour lutter contre le rhume, le cancer et toutes les autres maladies. Ou bien John Eccles, prix Nobel lui aussi, grand découvreur du fonctionnement des synapses, devenu dualiste (distinguant l’âme et le corps) sur le tard. Etc… Ce qui se passe dans la tête de ces gens-là pourrait être analysé, mais l’ignorer n’est en aucun cas un signe de « cécité peu scientifique ». D'ailleurs c'est souvent dans leur œuvre de vulgarisateur (rien de péjoratif à cela en effet) que ces gens ont dérivé vers autre chose que la science.
      (PS : Je ne suis pas bien sûr que Christian de Duve se soit jamais opposé au Darwinisme).

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    5. J’apprends qu’il y a ici des goûteurs gourmands de sorties antisémites ? Des noms ! Des noms ! (enfin, à part...).

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    6. Trop beau pour être vrai ce commentaire ! Vous inventez vous-même les exemples pour illustrer vos propos ou c'est une participation bénévole ?

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    7. « Vous inventez vous-même les exemples pour illustrer vos propos ou c'est une participation bénévole ? »

      Tout le monde sait bien que je suis absolument seul sur ce blog et, tel un ventriloque multifonctions, fais toutes les voix moi-même !

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    8. à J.F. Brunet : en quoi devenir dualiste sur le tard est-il un symptôme de stupidité délirante ? La science aurait-elle définitivement invalidé la distinction de l'âme et du corps (sans m'en faire part) ?

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    9. C'est ce que je m'apprêtais à demander, moi aussi.

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    10. Jean-François Brunet19 décembre 2016 à 12:55

      A Marco Polo: la biologie a toujours progressé en ignorant cette distinction, et souvent même en la battant explicitement en brèche. Cette distinction ne relève pas de la science (mais de la théologie, de la philosophie, de tout ce que vous voudrez), ne lui apporte rien, et en s'y livrant John Eccles sortait du domaine de la science, c'est ce que je résumais en disant qu'il délirait. Il délirait d'un point de vue scientifique. Et on n'avait pas besoin de lui pour ça (tandis que pour comprendre la synapse, si): le dualisme existe depuis la nuit des temps (avec les succès scientifiques qu'on sait).

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    11. Ah, d'accord. Cependant, ce scientifique peut très bien défendre le dualisme par ailleurs, c'est-à-dire en tant que philosophe, à condition de ne pas mélanger les deux ordres.

      Je précise : si la science n'a pas à se préoccuper de philosophie, l'inverse n'est pas vrai. Les philosophes ont parfaitement le droit de réfléchir au donné à partir de la science.

      J'ajoute que vous semblez vous-même mélanger un peu les choses. Par exemple dans votre dernière phrase, quand vous sous-entendez que le dualisme "scientifique" n'a pas obtenu beaucoup de résultats. Je crois que la science n'est pas plus moniste ou matérialiste que Platon ou Descartes, car monisme, matérialisme, dualisme ou spiritualisme sont des catégories philosophies et non scientifiques. Quand un savant déclare qu'il est matérialiste (qu'il ne croit qu'en l'existence de la matière), il fait de la philosophie, il exprime sa philosophie personnelle. C'est bien son droit, mais qu'il ne vienne pas ajouter qu'il fait de la science en disant cela.

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    12. Jean-François Brunet19 décembre 2016 à 15:24

      Disons, si vous préférez, que le seul postulat philosophique qui produise de la science, ou dans le cadre duquel la science puisse produire quoi que ce soit, est matérialiste. Et s'il a bien entendu existé des savants dualistes ou spiritualistes, ce n’est jamais difficile de montrer qu'ils ont fait leurs découvertes malgré cela, ou à côté de cela, dans un cadre, ou selon un pari matérialiste.

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    13. Là, je ne suis pas sûr de vous suivre. Faut-il qu'il y ait un tel apriori pour produire de la science ? Simplifions : il faut sans doute être matérialiste (considérer notamment que l'esprit n'est qu'une fonction du cerveau et n'a pas d'existence indépendante du corps) pour imaginer fabriquer une intelligence artificielle. Mais cela ne veut pas dire que cette recherche puisse être couronnée de succès, si jamais, par extraordinaire, le matérialisme a tort philosophiquement et qu'il existe un esprit distinct du corps. Un savant dualiste ne cherchera peut-être pas à produire une intelligence artificielle (comparable à celle de l'homme), mais seulement une machine plus performante, plus rapide, capable de meilleurs calculs. Son dualisme ne devrait pas lui interdire de travailler. L'homme pense, la machine calcule. Il y a là deux ordres distincts. Il suffit qu'il estime que la science ne donne pas la vérité absolue. Alors que s'il faut postuler le matérialisme, on affirme que la science est la seule voie d'accès à la vérité du monde.

      Ce que je veux dire, et qui va peut-être vous choquer, c'est que la science n'est peut-être qu'une technique de manipulation de la réalité, et pas le moyen de la comprendre.

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    14. Votre "simplification", cher Marco Polo, est en fait une complication inutile, et une embrouille. Oubliez l'intelligence artificielle, une forme de physique appliquée, qui n'a, pour le moment au moins, que des rapports ténus avec les neurosciences, telles qu’elles sont pratiquées dans le monde scientifique tel que nous le connaissons. La véridique simplification consiste à dire: il faut être matérialiste pour découvrir quoi que ce soit sur le fonctionnement du cerveau de la mouche ou de l'homme, y compris du vôtre. Mais bien sûr, cela n’empêche pas un neurobiologiste de croire en une âme immatérielle quand il est en vacances ou sur ses vieux jours. Ou quand il fait de la philosophie.
      Ce que je veux dire, et qui va peut-être vous choquer, c'est que la philosophie n'est peut-être qu'une technique pour se polir le chinois entre potes, et pas le moyen de le comprendre.
      (Pas taper, pas taper, c’est juste pour rigoler.)

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    15. Admettons pour l'intelligence artificielle. Il reste que vous pouvez voir un Bergson utiliser les travaux scientifiques les plus sérieux de son temps, sur cette question de l'esprit et du corps, alors que les savants se moquent bien de ce que Bergson a pu écrire. Je ne suis pas sûr que ce soit à la gloire de la science ! Sur l'âme immatérielle, le "fantôme dans la machine" encore et toujours dénoncé, il me semble que Bergson, justement, a été assez clair : si l'esprit est immatériel, il n'est pas dans le corps, ne pouvant être nulle part. On ne risque pas de tomber dessus en ouvrant des crânes ! Cela dit, je comprends parfaitement que la pratique scientifique ne s'attarde par sur ces questions qui la dépassent (par au-dessus ou par au-dessous, si vous voulez). C'est bien un problème philosophique.

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    16. De mon point de vue, ces questions philosophiques (la nature d’une âme immatérielle par exemple), ne « dépassent » la « pratique » scientifique —ni la pensée scientifique d’ailleurs, si vous m’autorisez cette audace—, par au-dessus ni par au-dessous (lequel au-dessous, on l'aura compris, est dans votre bouche un «au-dessus » au carré), mais par le côté.

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    17. C'est joliment tourné !

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    18. cette stricte séparation entre science et philosophie et la totale ignorance des humanités par les scientifiques est à mon avis une grande erreur, et explique bien souvent que les scientifiques d'aujourd'hui, tout brillants soient-ils, ne se manifestent pas par leur profonde compréhension du monde et de la société dans laquelle ils vivent.

      Encore moins sont ils capable de réfléchir aux conséquences éthiques ou philosophiques de leurs recherches et découvertes.

      Cela explique aussi pourquoi la science a tendance à dégénérer en Religion avec ses prêtres et ses hérétiques.

      Quand vous expliquez qu'il faut partir d'un point de vu matérialiste pour faire la moindre découverte scientifique en réalité vous philosophez, et nous expliquez que l'on ne peut saisir la réalité du monde que dans un cadre matérialiste.

      Grand Seigneur, vous voulez bien tolérer que des esprits poétiques développent des conceptions non matérialiste, mais pour vous tout cela relève du folklore sans importance, comme le fait de laisser les enfants croire au Père Noël.

      Alors que dans l'absolu, si la réalité du monde n'est pas que matérialiste (imaginons), alors votre postulat sera un frein dans vos possibilités de découvertes.

      La bonne attitude selon moi serait de se débarrasser de tous les préjugés et pas seulement de ceux qui nous déplaisent.

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    19. N'est-ce pas un immense préjugé ce que vous venez d'écrire ?

      Il y a des scientifiques comme Etienne Klein qui sont docteur en sciences et docteur en philosophie. Et à chaque fois que j'ai lu un livre sur ces sujets,et pas seulement les siens, la dimension philosophique et/ou métaphysique est abordée, même si elle ne constitue pas le noyau du discours.

      Duga

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  5. comme une revanche pour le bon Lamarck assez moqué par les néo-darwi,
    ce que quelques dernières découvertes viennent plutôt appuyer la géniale intuition de Lamarck, le stress dû à un changement environnemental pousse l'ADN à évoluer.

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    1. Sans parler de Goethe et de Geoffroy Saint-Hilaire !

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  6. Je ne crois pas que ceux qui prétendent que Dieu a créé toutes les espèces d'un coup juste après avoir bricolé la Terre il y a quelques milliers d'années soient indispensables aux évolutionnistes ( archéo ou néo): ces derniers, dans leurs théories, se bornent à dire comment les choses se sont passées à partir de leurs découvertes - et à affiner ces théories face aux nouvelles découvertes qui les remettent en question - sans se demander si cela s'est passé comme ça par la volonté de Dieu ou pas, et si celui-ci existe ou pas. Le livre athéiste de Dawkins se situe en marge, c'est un " Ce que je crois" personnel.

    Le débat avec les créationnistes porte simplement sur le fait de savoir si la Genèse doit être lue d'un point de vue symbolique ou comme une théorie scientifique, et il me semble que l' Eglise catholique a tranché depuis longtemps ( Teilhard du Chardin, etc.)et n'excommunie pas les paléontologues.

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    1. Mais il n'y a pas à avoir de "débat" avec les créationnistes, voyons ! D'une manière plus générale, il n'y a pas à se soucier du "problème Dieu", qui est hors de portée de la science.

      Il reste que ces imbéciles sont bien utiles aux darwiniens dogmatiques, tels Dawkins, qui, je le répète, se servent d'eux comme de vulgaires socialistes utilisant le repoussoir du FN pour tenter de masquer leurs propres contradictions et échecs. En tout cas, pour faire taire leurs véritables contradicteurs.

      D'autre part, il ne convient pas de parler des "évolutionnistes" quand on désigne les néodarwiniens, dans la mesure où les non-darwiniens, dans leur immense majorité, ne remettent nullement en cause l'évolution. Je crois que cette confusion vient des États-Unis : il serait sans doute bon de ne pas l'adopter.

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    2. Reste que si Dieu existe, je ne vois pas pourquoi la Science ne pourrait découvrir des traces ou marques de sa présence ou action dans notre monde...

      Cette séparation stricte de Dieu et de la Science, est une espèce de paresse intellectuelle.

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    3. Le rapprochement en est une autre...

      Duga

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  7. Je lis "Tout scientifiques émettant des doutes..."; venant de n'importe quel autre blogueur j'aurais dit "Ouah le con!, il a mis "tout" au singulier et "scientifiques" au pluriel". Mais là, fréquentant ce blog depuis plusieurs années, je me dis, quand même, Didier, c'est pas le dernier des cons.... "et s'il avait raison?" Pourriez-vous me "moucher"?

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    1. Pas de mouchage en vue : c'est bien une faute ayant échappé à la relecture, comme souvent.

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  8. Je ne vois pas bien ce que la mécanique quantique vient faire dans la théorie de l'évolution, ou en quoi celle-ci pour prospérer a besoin du créationnisme, mais c'est ainsi, vous avez vos théories où les poussoirs et les repoussoirs jouent de grands rôles, sont indispensables l'un à l'autre, comme si pour exister il fallait que quelqu'un veuille votre mort. D'ailleurs Dieu lui-même s'est trouvé un Satan. C'est à mourir de rire !

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    1. Vous ne voyez pas ce que la mécanique quantique vient faire dans la "théorie de l'évolution" ? C'est normal : elle ne vient rien y faire. En revanche, certains biologistes, notamment ceux travaillant sur la cellule et l'adn, semblent avoir commencé à l'utiliser.

      Pour le reste, si vous n'avez pas compris mon billet, c'est sans doute que je me serai mal exprimé.

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    2. Alain Greenspan, a même été jusqu'à dire "Si vous m'avez compris, c'est que je me suis mal exprimé".
      Mais il parlait d'économie...

      Duga
      Incompris

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  9. Je trouve qu'on mélange un peu tout. La découverte de facteurs lamarckiens dans la mutation génétique, les thèses de Gould, dont je ne sais pas trop ce qu'elles sont devenues, qui substituent l'équilibre ponctué au gradualisme de la théorie orthodoxe, ou qui traitent des contraintes structurelles de l'évolution, ou encore les recherches appliquant la mécanique quantique aux déterminants des mutations, ont ou non une importance scientifique (M.Brunet nous le dirait), mais ne me paraissent en tout état de cause pas friser avec le créationnisme (ils ne sont d'ailleurs pas les objets des attaques de Dawkins ou de Dennett). Il en va différemment de ceux qui se prévalent de l'existence de trous dans la connaissance pour les boucher avec la possibilité d'un dessein intelligent, comme on mettait autrefois des esprits dans les phénomènes naturels inexplicables. La polysémie du mot sens est à cet égard redoutable, car si on peut croire (ce qui n'est peut-être pas darwinien) que l'évolution a un sens, c'est â dire une direction (notamment parce qu'elle part du réel et que le réel ne peut donner n'importe quoi, il est difficilement pensable qu'un chien évolue en parapluie), elle n'a pas nécessairement de sens au sens de signification qui lui soit imposée par une conscience autonome. Et s'il y a des scientifiques bornés comme il y des gens bornés dans toutes les professions, et si on peut, comme vous le faites, imaginer que la théorie darwinienne connaitra un jour le sort de la théorie newtonienne, votre M. Staune me semble un peu au-delà de la limite. Vous avez la supériorité sur moi de l'avoir lu, mais sa fiche wikipedia parle d'antimaterialisme, de transcendance, et de métaphysique... il n'y a pas besoin d'être un darwinien orthodoxe pour être un peu inquiet.

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    1. Sa "fiche" wikipedia est parfaitement venimeuse, et encore plus caricaturale que venimeuse.

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    2. Venimeuse peut-être. Caricaturale, je n'en suis pas si sûr. Je suis allé écouter les interventions de l'intéressé sur... Oumma.tv, et je le sens de moins en moins, ce garçon. Il s'agit bien pour lui d'exploiter systématiquement les évolutions normales de la science (le matérialisme d'aujourd'hui est sans rapport avec le matérialisme d'hier, bien sûr) pour nous orienter vers un "autre chose" parfaitement fumeux... mais l'homme est rhétoriquement habile, je vous l'accorde.

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    3. La physique quantique traite de l'infiniment petit, autrement dit de ce qu'il y a de plus fondamental dans la matière. Certains considèrent que la pensée, l'intelligence, résulte d'un phénomène dit d'émergence forte, issue de la complexité de la constitution matérielle du cerveau.
      La boucle est donc bouclée si vous permettez cette trivialité. La présence de la physique quantique à ce niveau est donc parfaitement justifiable, sinon justifiée.
      Mais en amont de tout ce qui précède, le véritable problème de fond consiste à comprendre de quelle façon la matière inerte "initiale" a pu évoluer en matière vivante, à partir des mêmes particules élémentaires chères à la physique quantique.
      Là aussi, phénomène d'émergence issue de la complexité ?
      Vaste débat

      Duga
      Complexé

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