jeudi 29 décembre 2016

Les spectres de l'automne


Parce qu'il est question d'un fantôme 
dans le journal de novembre

34 commentaires:

  1. Le 16 novembre vous dites ne plus vouloir voter et instantanément vous vous précipitez pour aller voter Fillon... Vous n'êtes pas très raisonnable.

    A part ça, ce mois de novembre, bien que peuplé d'un fantôme, ou justement parce que hanté par celui-ci, contient des passages absolument remarquables. Merci pour ce moment comme disent les jeunes.

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    1. Je reconnais volontiers mon manque de raison, en ce domaine (et en d'autres). Mais, vraiment, l'idée de revoir Sarkozy ou Juppé m'est soudain, comme en un flash, devenue parfaitement insupportable.

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  2. « Mon idéal, si tant est que j'en aie encore un, est un régime dans lequel l'État serait aussi fort que possible dans les domaines qui ne peuvent être que les siens (diplomatie, défense, police et monnaie) » : pourquoi « monnaie » ?

    Mais je pinaille, car cette livraison mensuelle est vraiment bonne, en particulier ce qui concerne le livre de Bernalin père.

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    1. Il me semble qu'un État qui n'a plus le contrôle de sa monnaie ne peut pas vraiment se dire souverain.

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  3. Bien des moments remarquables dans cette livraison ! Votre pseudo-retraite, faute de changer votre quotidien, vous donnerait-elle des ailes ?

    "Et si nous ne pouvons pas nous défendre, c'est parce que c'est nous, d'abord, qui avons choisi de mourir : les hordes négro-arabes qui vont nous achever ne sont que ce que sont les “maladies opportunistes” dans le cas du sida. Et, comme dans le cas de ces mêmes virus et bactéries, ils mourront en même temps que nous, étant parfaitement incapables de faire vivre l'organisme qu'ils parasitent."

    j'en conviens presque à ceci près que le "Nous" dont vous usez me semble créer une fausse unanimité. Disons que la gauche organise notre mort programmée. C'est elle et son idéologie qui nous tuent. Combattre l'immigration, c'est se tromper d'ennemi c'est ceux qui la rendent possible et l'organisent qu'il faut abattre.

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    1. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec votre vision "optimiste" des choses. Si la gauche était seule responsable de notre état de déliquescence morale et culturelle, il suffirait de la remplacer par la droite et tout rentrerait dans l'ordre ? On a bien vu ce que ça donnait à l'époque de Chirac puis, encore plus pitoyable, à celle de Sarkozy. Les politiciens de droite sont en état de tétanie avancée. Et, malheureusement, je ne crois pas que notre sida soit seulement de nature idéologique.

      Pour reprendre un titre de la géniale Flannery O'Connor : Notre mal vient de plus loin.

      Cela dit, ce n'est pas parce que l'immigration n'est qu'une conséquence qu'il ne faut pas la combattre.

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    2. Maître Jacques, si ma mémoire est bonne, ce n'est pas la gôche qui a autorisé l'avortement, mis en place le regroupement familial, à tirer le coup de départ de la dette et ainsi de suite...

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    3. MM. Goux et Woland, nous ne devons pas avoir la même conception de ce qu'est la droite. Pour moi il ne s'agit pas des crypto-socialistes que vous mentionnez mais de gens se référant à un système de valeurs totalement différent de celui des modernoeuds. Je pense notamment à un certain Philippe de Villiers dont je suis en train de lire le dernier opus... Certains diront qu'il s'agit en fait d'extrême-droite tant il est devenu extrémiste d'énoncer certaines évidences.

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    4. C'est un peu facile de dire que la droite c'est ce que vous aimez et la gauche ce que vous n'aimez pas... La réalité, c'est que le gouvernement de Giscard était considéré par touts comme étant de droite. Que la droite et la gauche en France et à peu près partout en Occident sont aujourd'hui des centristes mollassons et émigrophiles.

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  4. Belle livraison, surtout dans sa partie "fantomatique". En revanche, vos raisons de ne plus voter FN sont dérisoires. Dites plutôt que, comme tous les retraités, vous voulez que rien ne change au niveau économie.

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    1. Ne pas vouloir davantage d'État, et d'un État se mêlant de régenter toute la vie économique, c'est "dérisoire" ? Et en quoi le fait d'être retraité (ce que je ne suis que depuis deux mois, je vous le rappelle…) devrait à ce que vous dites ?

      Du reste, montrez-moi donc où serait le vrai changement économique si Mme Le Pen accédait au pouvoir, elle qui, finalement, ne veut que renforcer cet étatisme qui est notre plaie pour ainsi dire traditionnelle ?

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    2. Il me semble que vous confondez deux choses : 1. une économie dirigée par l'Etat (et ce n'est pas du tout le cas en France) ; 2. une bureaucratie tatillonne et des impôts dantesques (là oui, on est en plein dedans).

      Pour le point numéro un, il est évident, je crois, que l'Etat ne décide de rien, qu'il surfe vaguement (si j'ose dire) sur la mondialisation et se fait le commis, au mieux, des multinationales et de Mme Merkel. C'est pourquoi le FN veut un "Etat stratège" qui décide de ce qui est bon pour le pays plutôt que de laisser faire des multinationales qui ne font que ce qui est bon pour elles.

      Pour le reste, le FN est aussi libéral qu'on le peut : il ne s'agit pas d'empêcher la liberté d'entreprendre ni de taxer tout le monde. D'ailleurs, les municipalités FN font tout ce qu'elles peuvent pour baisser les impôts. Le discours FN = Mélenchon relève donc de la propagande droitière.

      Quant aux retraités, ils sont ceux qui résistent le plus au FN, précisément parce que le FN est le seul parti qui propose un véritable changement, ce que ne veulent pas les retraités actuels, hyper favorisés (ils ne le sont pas tous, certes, mais enfin les retraités actuels sont quand même les retraités les plus favorisés de toute l'histoire de l'humanité, ne l'oublions pas). Leur attitude ("moi ça va à peu près, alors ne changeons rien, car on sait ce qu'on perd et on ne sait pas ce qu'on gagne, etc.") est moralement douteuse.

      Ne croyez pas pour autant que je fasse la promotion du FN. Après tout, je ne sais pas ce qu'il ferait vraiment une fois au pouvoir. Mais enfin, à s'en tenir au programme, c'est tout de même ce qui me paraît le plus convaincant, et de loin. Voyez Fillon en comparaison : il veut supprimer 500 000 fonctionnaires, mais personne ne semble remarquer qu'il ne peut s'agir que de fonction publique d'Etat, la plus utile, alors que la fonction publique territoriale explose sans qu'on réagisse. Il suffit d'observer le nombre d'inutiles dans tous les services municipaux (et, tant qu'à faire, de regarder un peu les chiffres officiels). Quand l'Etat laisse faire les "collectivités locales", c'est la gabegie. Remettre de l'ordre là-dedans, dégraisser là où il le faut et où c'est facile, voilà un projet sérieux. Mais il faut que l'Etat reprenne le pouvoir.

      Evidemment, c'est un peu plus compliqué que ce que suggère le "libéralisme" de propagande du type "Marchenoir", qui mélange tout et ne sert qu'à déverser sa haine sur des "ponctionnaires" pris en bloc. (Je ne dis pas que c'est votre cas, bien sûr).

      Bref, en validant l'idée d'un FN économiquement d'extrême gauche, vous ne faites que reprendre l'antienne des "LR" qui font des retraités leur cœur de cible.

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    3. Il n'y a pas trop d'étatisme en France, mais trop de dépenses publiques (ce qui n'est pas foncièrement la même chose). Le programme de Marine Le Pen n'a pas encore été publié mais je pense que celui-ci comportera des surprises, à savoir des coupes drastiques dans le fonctionnement de l'État (Moins d'élus et de fonctionnaires territoriaux nés des lois de décentralisation), et moins de charges pour les TPE-PME (donc plutôt pro-entrepreunarial). Le tout, j'imagine, financé en partie par la suppression de toutes les pompes aspirantes qui favorisent l'immigration (AME par exemple).

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    4. Marco Polo : un État "stratège" qui décide de ce qui est bon pour le pays, ça ressemble fort à une économie dirigée, c'est-à-dire à quelque chose qui, à ce que je crois savoir, n'a jamais fonctionné nulle part.

      D'autre part, quand vous dites que l'État doit reprendre le pouvoir sur les multiples "collectivités locales" et faire le ménage dans leurs innombrables gabegies, je ne puis qu'être d'accord : c'est ce que j'appelais, dans le journal, un État fort.

      Louis Clin : Je n'ai pas dit non plus que tout me semblait à jeter dans le programme du FN tel que ses dirigeants en ont dessiner les axes ! Sinon, pourquoi aurais-je voter pour lui deux ou trois fois ?

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    5. @ Marco Polo

      "es retraités actuels sont quand même les retraités les plus favorisés de toute l'histoire de l'humanité, ne l'oublions pas"

      ...et aussi ceux qui ont le plus cotisé, en faisant confiance au système. Difficile de leur dire "Il ne fallait pas cotiser autant ( c'était pourtant en grande partie obligatoire !) mieux aurait valu consacrer cet argent à faire des placements judicieux ".

      Vous me répliquerez que la première génération des bénéficiaires de la retraite par répartition l'a touchée sans avoir cotisé : il est donc logique, si on veut changer de système, de sacrifier une génération qui aura cotisé sans qu'elle ne touche rien...

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    6. « il est donc logique, si on veut changer de système, de sacrifier une génération qui aura cotisé sans qu'elle ne touche rien »

      D'accord ! Je vote pour qu'on sanctionne la génération d'après moi : ça leur fera les pieds, à ces jeunes cons.

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    7. à Elie Arié : Je ne veux sacrifier personne, moi, seulement faire remarquer une attitude bien humaine consistant à penser "après moi le déluge". Si les retraités d'aujourd'hui sont très "conservateurs" - au sens où ils veulent conserver la situation présente -, c'est parce qu'elle leur est particulièrement avantageuse, cette situation, les retraités recevant bien plus que ce qu'ils ont cotisé.

      Système particulièrement odieux, qui favorise deux fois les plus chanceux, c'est-à-dire ceux qui ont le meilleur capital génétique et qui vivent longtemps. Car il y a toujours des gens qui cotisent à fond et qui meurent d'un cancer à 58 ans ou d'une crise cardiaque inopinée le lendemain de leur départ en retraite. Ceux-là sont les grands perdants mais tout le monde s'en fout. Ainsi, si vous vivez très longtemps, c'est une chance à laquelle s'ajoute le fait que vous allez toucher très longtemps un véritable pactole. Inutile, je pense, de faire remarquer que ce sont les plus riches qui vivent le plus longtemps, pas les mineurs de fond (il est vrai devenus rares) ni, d'une manière générale, les smicards.

      Mais au moins les smicards pouvaient espérer voir leur espérance de vie s'allonger un peu. Figurez-vous que ce n'est plus tout à fait le cas : l'espérance de vie commence déjà à baisser pour certaines catégories de travailleurs, en France comme en Amérique.

      Voilà qui devrait ébranler un peu votre progressisme échevelé, à moins que, comme beaucoup de nos "Anciens", vous vous payiez le luxe bien pratique de demeurer imperturbablement optimiste. Je suis personnellement entouré de vieux qui continuent à croire que les immigrés vont s'intégrer, par exemple.

      Cela doit être dur de comprendre, comme tout y invite, qu'on s'est gouré sur toute la ligne et qu'on a contribué à créer les conditions du pire cataclysme historique de son pays. Mais bon, tant qu'on peut espérer vivre cent ans à rien foutre avec plus de 2500 euros par mois, hein !

      Cela dit sans haine à l'égard des vieux en général, mais seulement un peu de mépris pour tous ceux qui continuent à être bien contents du système.

      (Et je ne vous vise pas non plus personnellement, du reste).

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  5. Eh ben voila : moi aussi je voulais me répandre en compliments dithyrambiques sur cette cuvée exceptionnelle mais comme toujours j'arrive après la bataille.
    Concernant le vote Fillon, j'eusse été flatté que vous mentionnâtes ce petit billet.
    Sinon elle n'est pas si vilaine cette petite retraite et puis comment FD pourrais se passer de vos talents ? D'ailleurs il me semble que depuis ce journal vous n'avez pas chômé.

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    1. Je crois que, quand les vrais patrons de FD vont se rendre compte de ce que je leur coûte, ils vont inviter fermement le patron en titre à s'organiser de façon à n'avoir plus – ou beaucoup moins – besoin de moi…

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  6. Je crois que, pour vos piges à FD (et non au JdD, vous voyez que ça finit par rentrer !) vous n'avez pas trop à vous plaindre, ces temps-ci : Michèle Morgan, Carrie Fisher, Claude Gensac, Debbie Raynolds...Et il paraît que Mario Soares ne va pas bien du tout, et moi-même, je me sens un un peu fatigué, ce matin...Mais ces deux derniers intéresseront-ils vos lectrices de FD ?

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    1. Il est vrai que, ce mois-ci, le fossoyeur que je suis a beaucoup manié la pelle.

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    2. Sans oublier Michel Déon, qui n'écrivait plus beaucoup, certes

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  7. Si seulement un de mes professeurs avaient le quart de votre talent d'écriture, j'aurais peut-être eu plus de facilité à apprécier la littérature.
    Je me surprends à lire votre journal avec plaisir, pourtant pas de charge de cavalerie ou de combats de cuirassés.

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    1. Je peux, si vous volez, essayer d'ajouter quelques combats de cuirassés. Mais, pour le pas de charge,désolé : j'ai passé l'âge.

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  8. La nature a horreur du Gide
    Moi je ne connaissais pas, ça vous donne le droit de revenir en deuxième semaine...

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  9. «Pourrait», triple buse...

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  10. Ah, le Didier du 17 novembre ! Que cette fin d'année vous soit douce, Parrain!

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    1. Normalement, elle devrait être assez tranquille…

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    2. Attendez un peu : il y a encore le discours des vœux de François Hollande à venir...

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  11. C'est un mois de novembre joliment hanté que vous nous offrez là. Et il a ravivé le moi le souvenir du livre de Paul Morand, que j'avais laissé dans l'ombre depuis un quart de siècle. À l'époque, je faisais mon doctorat sur les confréries de flagellants à Séville au siècle d'or et je m'étais juré, un peu stupidement, de lire "Le flagellant de Séville" une fois que ma thèse serait terminée. Je ne l'ai jamais terminée -le manuscrit sommeille sur de vieilles disquettes; et je crois que suffisamment de temps s'est écoulé pour que je manque enfin à ma promesse. Je vais donc commander dès aujourd'hui "Le flagellant de Séville"!

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    1. Il a ravivé EN moi! Et non pas mon moi. Quelle andouille je fais de ne pas me relire.

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