jeudi 8 décembre 2016

Petite illustration d'un effondrement culturel


« Créé il y a 60 ans par le dessinateur André Franquin, le personnage de Gaston Lagaffe est à l'honneur avec une grande exposition organisée à partir de mercredi par le Centre Pompidou à Paris, jusqu'au 10 avril 2017. » (Source.)
Après le Nobel de littérature à Bob Dylan,  il est parfaitement cohérent et logique que Mickey se retrouve au musée ; en attendant Salvatore Adamo à la Scala de Milan. Il paraît qu'il se trouve des gens combatifs pour vouloir sauver l'Occident : ils envisagent de sauver quoi, exactement ?

78 commentaires:

  1. Ringo et Sheila au Panthéon ?

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  2. Mais arrêtez de râler puisqu'on vous dit que l'exposition est gratuite, et qu'ainsi on vous confirme qu'on veut s'occuper aussi de l'avenir culturel des plus pauvres !

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  3. " Je voudrais passionnément que Paris possède un centre culturel (...) qui soit à la fois un musée et un centre de création, où les arts plastiques voisineraient avec la musique, le cinéma, les livres, la recherche audio-visuelle, etc..."

    Georges Pompidou.

    Quand on lit ça, il est bien évident que la ploutocratie qui nous gouverne a complètement oublié ce que peut être la culture.

    " Aimer l'art, c'est hiérarchiser." Renaud Camus / L'Isolation.

    Et je vous avouerais que le Centre Pompidou est à mes yeux tout le contraire d'un lieu culturel.
    C'est tout simplement le temple de l'esprit du temps, c'est à dire bien peu de choses.



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  4. Il y a beaucoup plus d’art dans n’importe quel crayonné de Franquin que dans une expo Jeff Koons (pour ne citer que lui).

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  5. Et qui court jusqu'au printemps prochain tout de même !
    Ils prévoient l'affluence...
    La prochaine ce sera quoi ? La collection de sous-bocks de Nicolas ?

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  6. On peut lire avec plaisir les albums de Franquin et on peut rire sans en avoir honte. Mais de là à en faire une exposition, il y a un très large fossé. Il sera temps de songer à en faire une quand plus personne ne se souviendra des dessins de Franquin. On pourra à ce moment montrer aux générations futures de quoi riaient leurs grands-parents. On sera peut-être même obligés de leur expliquer pourquoi c'était drôle.

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  7. Bon, très franchement je dirai que qui ne regarde pas les dessins de Franquin et son fameux Gaston Lagaffe avec une certaine tendresse doit un bien triste sire...

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  8. Patrick Bruel a déjà chanté à l'Opéra Garnier..

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  9. La question n'est pas de savoir si on aime Franquin ou pas, si Gaston Lagaffe nous fait rire ou non. La question était de savoir ce que tout cela a à faire dans un endroit a priori dédié à l'art.

    Moi, par exemple, dans ma jeunesse, je me divertissais beaucoup d'Achille Talon. Mais je serais tout de même très surpris si on lui dédiait une salle permanente au Louvre.

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    1. Préférez-vous que l’on dédie des musées entiers à ceci ?

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    2. @Alain

      Il y a bien mieux ! Ici, on apprend que de tout temps le caca a fasciné les hommes. Voici le top 10, "du caca en veux-tu en voilà" :

      http://www.topito.com/top-oeuvres-art-scatologiques-vive-caca

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    3. la BD est bel et bien un art tout comme le cinéma Un art mineur certes, mais un art quand meme Mais je vois ce que vous voulez dire, notre époque égalitariste dans tous les domaines met la grande culture et la sous culture sur le meme plan La culture populaire ou de masse regne en maitresse selon le modele anglo-saxon Pire elle écrase les autres formes d'art qui lui font souvent une concurrence deloyale, car la modernité exige au déla de divergences politique linguistiques religieuses de facade une homogeneité culturelle quel que soit son milieu social ou son pays (le paysan poitevin et le salarymen tokoite écoute la meme pop music frelatée)

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    4. Un endroit dédié à l'art ou à la fumisterie (et là je ne parle pas de l'aspect extérieur)?

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    5. il y a 7 arts (dits majeurs ), le 8 eme les arts médiatiques , le 9eme c'est la BD .
      il est tout a fait louable et logique que Franquin ait une expo à Beaubourg (centre d'arts contemporain ??), c'est un tres grand dessinateur( cf idées noires )
      il y a aussi une expo sur Hergé au grand palais,
      Apres si on aime pas la BD, ni BeauBourg on peut se rabattre sur un aligoté et faire le buzz .
      Merci pour cette info, nous irons la voir.

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    6. Moi c'est papa Talon mon idole. Un gros qui boit de la bière.

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    7. Mildred, ce qui est pathétique c’est le mal que se donnent ces serviteurs des dominants pour choquer les dominés, alors que tout le monde s’en fout. Si Mc Carthy a fait scandale, c’est moins par son “oeuvre” que par son appropriation de l’espace public, ressentie à juste titre par les dominés comme un viol de leur espace.

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    8. Un gros qui BUVAIT de la bière. Michel Greg, dessinateur du "fringant" Achille Talon, est mort le 29 octobre 1999 - (ou alors vous pouvez utiliser le présent si vous pensez que la bière coule à flot au paradis...)

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Greg

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    9. Mon compatriote Nicolas ne parlait-il pas du père d'Achille Talon dans la BD ?

      Joël

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    10. Bref, on ne sait pas si notre hôte ne faisait que semblant de s'en indigner, toujours est-il que la bonne bande dessinée a maintenant droit à l'exposition muséale. Et à mon sens c'est bien la moindre des choses, d'autant plus qu'elle ne fait ombrage à aucune autre forme d'art...

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  10. les textes de la BD Achille Talon, avec la finesse des calembours, sont déjà hors de portée d'un pourcentage non négligeable de nos bacheliers cuvée 2016.

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  11. Il est impossible de savoir ce que les générations futures considéreront comme "art" dans nos productions actuelles: peut-être uniquement nos BD, qui sait.
    Les auteurs des peintures rupestres préhistoriques de Lascaux, et même ceux des tombes pharaoniques de Louxor auraient été très surpris d'apprendre qu'ils seraient considérés aujourd'hui comme des "artistes", et n'auraient jamais eu l'idée de signer leurs œuvres.

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    1. L'exposition étant éphémère, la manière dont les générations futures appréhenderont les dessins de Franquin est hors sujet...C'est bien à notre génération que cela s'adresse. Et puis il est vrai que si on doit, effectivement, hiérarchiser, Shuitten et Peteers avec leur cycle des "cités obscures", par exemple, la version de Druillet de "Salammbô", quelques autres, me semblent, sur un plan graphique mériter plus ce qualificatif d'artistique que Franquin...Bref, je rejoins le maître des lieux sur la confusion des genres que cela implique...

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  12. Je ne suis pas du tout d'accord avec vous. La comparaison Adamo/La Scala ne tient pas. Adamo est un artiste de variété, la Scala un théatre dédié à l'opéra.
    Or, le centre Pompidou est un musée "d'art moderne" comme l'a défini Pompidou lui-même, expliquant qu'il y avait le Louvre pour l'art classique. La bande dessinée est bien un modèle d'art moderne.
    Ensuite, Franquin est un artiste véritable, est il a toute sa place dans un endroit dédié à l'art, qui a déjà accueilli Warhol. Relisez "idées noires", cher ami, et vous serez d'accord avec moi.

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    1. Ah oui, Andy Warhol ! Parlons-en : j'avais été entrainée par mon petit-fils, à une rétrospective du Maître au Musée d'Art Contemporain de ma ville. Je me promenais donc d'un air morne entre les boîtes de soupe et les têtes de Mao ou de Marilyn, quand soudain j'eus l'œil attiré par une œuvre qui tranchait résolument avec le reste. On aurait dit un paysage merveilleux et onirique gravé sur une plaque de métal. Pour en savoir plus, je m'approchai de l'étiquette et je lus : Urine sur cuivre.

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    2. Je ne suis pas loin de partager votre avis. Allons, soyons franc : je le partage.

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  13. Et le Musée des arts premiers ? Le Musée des arts de la table ? Sans parler du Musée du Spam (que j'ai visité) http://www.spam.com/museum
    Hergé a bien son musée à Louvain-la-neuve...
    Comme expliqué plus haut, le centre Pompidou est un musée d'art moderne et contemporain. On prend ce qu'on a sous la main.

    Ce serait choquant, en effet, que Franquin soit exposé au Louvre. Mais le centre Pompidou n'est pas le Louvre (et Notre-Dame-des-Tuyaux n'est pas la cathédrale de Chartres).

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  14. Franquin était un dessinateur de génie.
    Il a toute sa place dans un musée d'art moderne.

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    1. Charles Baudelaire8 décembre 2016 à 23:55

      “Ne mépriser la sensibilité de personne. La sensibilité de chacun, c'est son génie.”
      Fusées

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  15. Franquin était un grand artiste, point barre.

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  16. Et en plus je suis d'accord avec M. Lenonce. On m'aura tout fait, aujourd'hui. Je suis même d'accord avec Arié. C'est vous dire.

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    1. Ah, si Jégou est d'accord avec moi, je retire ce que j'ai dit.

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  17. Franquin est un dessinateur de génie.
    Bob Dylan est un poète de génie.
    Michael Jackson était un musicien de génie.

    Répéter cela vingt fois chaque matin pour bien s'en convaincre et être enfin en phase avec la modernité.

    Penser aussi à forger une expression entièrement nouvelle, destinée à remplacer "de génie" et qui sera utile quand on souhaitera qualifier Delacroix, Baudelaire ou Beethoven.

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    1. quand on souhaitera qualifier Delacroix, Baudelaire, D Goux ou Beethoven.

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    2. Dites moi, vous ne seriez pas franchement réactionnaire, vous ?

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    3. En cette occurrence particulière, je dirais plutôt "élitiste"…

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    4. Il ne s’agit pas de dire que Franquin est l’égal de Delacroix, mais de se demander qui, de Franquin ou de Manzoni, en est spirituellement le plus proche. Imaginons Delacroix revenant parmi nous, voyant les crayonnés du premier et la merde d’artiste du second. A qui irait sa préférence ? Au plus élitiste des deux, celui qui sait tenir un crayon et qui le prouve.

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  18. Ce billet ne vous fait-il pas un peu penser aux réactions suscitées par les premiers peintres impressionnistes ?

    Autre question : combien de temps le cinéma a-t-il mis à être considéré comme un art (ce qu'il n'est pas toujours, bien sûr) ? Quand j'étais gamin, mes parents me disaient "On ne perd pas son temps à aller au cinéma, ce n'est pas sérieux ! Tant qu'à faire, va au théâtre, tu t'amuseras et te cultiveras en même temps"

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  19. Il y a une bibliothèque au centre Beaubourg et probablement un rayon BD. Le centre Pompidou j'ai toujours vu ça comme la Maison des jeunes et de la culture.^^

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  20. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  21. Charles Baudelaire8 décembre 2016 à 23:41

    “La modernité, c'est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable. Il y a eu une modernité pour chaque peintre ancien.”
    Le Peintre de la vie moderne

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  22. Franquin est de toute évidence un dessinateur de génie, mais qui n'a dessiné que des petits trucs rigolos, alors que Picasso, qui dessinait très bien mais tout de même moins bien que Franquin, a davantage exploré l'âme humaine. La bd est un art mineur, et voilà tout. Quand un grand écrivain fait un livre pour les enfants, il simplifie, il caricature, et les adultes (véritables) n'y trouvent pas leur compte. C'est pourtant avec un art consommé qu'il produit cette œuvre mineure. Franquin est donc à la fois un génie et un auteur mineur.
    En fin de compte je suis d'accord avec M. Goux : il est ridicule de mettre Franquin au musée, parce que les amuseurs ont leur place au cabaret, et cela n'a rien de dégradant. Chaque chose à sa place. J'adore Audiard, qui dans son genre est aussi un génie, mais sa filmographie ne vaut pas celle d'un grand.

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    1. "... il est ridicule de mettre Franquin au musée..."
      Me voilà rassurée, car arrivée à ce stade, je n'avais pas encore osé dire que je ne connaissais ni ce monsieur, ni son "héros" !

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    2. Marco polo, tant d'inepties en si peu de mots me laissent pantois!
      Non Franquin n'a pas "dessiné que des petits trucs rigolos", les albums intitulés "idées noires" en témoignent. Ils sont des témoignages grinçants et percutants sur la société, avec une maitrise et une qualité du graphisme impressionnantes (dessins en noir et blanc).
      "Picasso dessinait très bien mais tout de même moins bien que Franquin". Il faut avoir vu les expositions sur les débuts de Picasso pour apprécier l'immense talent de dessinateur de celui-ci. Picasso dessinaient au moins aussi bien que Franquin, et était capable d'un académisme probablement supérieur.
      Il n'y a longtemps que la distinction art majeur-art mineur n'a plus court, n'en déplaise à Didier. Il y a seulement des artistes avec du talent ou pas. Et Franquin, dans sa catégorie, est un des plus talentueux.

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    3. Quand à Mildred, affecter de ne pas connaitre Franquin est, soit une minauderie, soit le signe d'une grande inculture...

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    4. @lenonce
      La "minauderie" n'étant pas mon genre, je suis obligée d'accepter "grande inculture" qui, tout de même, ne va pas jusqu'à confondre le cours des choses avec un court de tennis !

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    5. J'ai peur que vos catégories soient un peu trop souples, Lenonce. "Des artistes avec du talent ou pas", dites-vous : c'est un peu court. Je reconnais à Franquin tout le talent du monde, mais dans une catégorie mineure. Édith Piaf avait aussi un talent fou, mais ce n'est pas Mozart, ni, d'ailleurs, Léo ferré, à qui j'attribue personnellement la première place dans la catégorie des chanteurs français. Même Johnny Halliday a du talent, cela n'en fait pas un grand artiste pour autant. Kant a très bien dit d'ailleurs que le talent n'est pas le critère des beaux-arts, c'est le génie. Encore faut-il s'entendre sur ce dernier terme.

      Et ne croyez pas que j'ignore les Idées noires de Franquin. Je connais tout Franquin, et je suis un grand lecteur de BD. Mais cet art (mineur) ne convient pas aux musées, ne serait-ce que d'un point de vue historique. On a fait des musées pour recevoir de la sculpture et des peintures, pas des planches de BD qu'il faut regarder à moins de cinquante centimètres si l'on veut y voir quelque chose.

      Un mot encore sur les Idées Noires tant vantées. C'est en effet un bon travail dans son registre, mais s'il s'agit de fouiller les profondeurs de l'âme humaine, y compris dans ce qu'elle a de plus sordide, je fais davantage confiance à Goya, voyez-vous. C'est peut-être encore une simple question de format et de narrativité. La BD travaille avec des moyens qui lui interdisent certains résultats.

      A l'attention d'Elie Arié : vous devriez avoir honte de nous resservir l'argument éculé des impressionnistes refusés au Salon.

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    6. Comme je n'ai guère le temps de participer aux conversations ce matin (j'ai 15 000 signes à écrire sur Céline Dion : grande misère intellectuel du pauvre retraité accro à l'argent…), je me contenterai de dire que je suis en tous points d'accord avec les deux dernières interventions de M. Polo.

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    7. @ Marco Polo

      Les impressionnistes, ou la bataille d' Hernani, ou tout ce que vous voudrez...

      Peut-être faudrait-il sortir de votre postulat qui met fin à toute possibilité d'échange : "L'art, c'est ce que moi, je considère comme de l'art ", qui fait fi de ce qu'en décideront les siècles à venir, et qui a la puérilité de se mettre soi-même au centre de cette problématique, alors que nous ne faisons que passer ?

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    8. Il est temps d’en finir, en effet, avec cette légende des impressionnistes rejetés par l’univers entier. S’il est vrai que lors du salon des refusés de 1863 (voulu par Napoléon III, preuve qu’ils n’étaient pas si mal vus…) ils essuyent les sarcasmes de certains critiques et d’une grande partie du public, ils connaissent le succès à New York dès 1886, puis en France. Van Gogh est un cas à part : s’il n’a jamais vendu, c’est d’abord parce qu’il ne voulait pas vendre (cf. sa correspondance).
      Le rejet des impressionnistes, qui n’a duré qu’une vingtaine d’années, sert généralement à justifier un art « contemporain », c’est-à-dire « conceptuel », rejeté par le public (forcément inculte et réactionnaire, hein !) depuis plus d’un demi-siècle malgré la promotion, volontiers terroriste, dont il bénéficie de la part du pouvoir politique et des médias « progressistes », larbins des dominants.
      Par ailleurs, on aimerait bien que les musées soient « faits pour recevoir de la sculpture et des peintures ». Hélas, si c’est bien leur mission originelle, c’est loin d’être la leur aujourd’hui, les conservateurs encourageant plutôt l’art « conceptuel », nouvel art officiel, exact équivalent de l’art académique du XIXe siècle, celui-là même qui fustigeait l’impressionnisme. Donc à tout prendre, si l’on considère que le dessin, « probité de l’art » selon Ingres, fut ces dernières décennies méprisé par les musées, entre Wim Delvoye et Franquin, lequel mérite le plus d’être exposé ?

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    9. Alain exprime très bien ce que j'aurais pu dire, aussi je n'ajoute rien. Sauf que je sauverais l'art académique du 19e siècle, qui avec le recul ne manque pas d'un certain charme.

      Elie Arié : vous êtes trop dans le cliché (les Refusés, la bataille d'Hernani...). Sur le fond : je ne crois pas qu'il faille attendre 10 ou 100 ans pour comprendre la différence entre un grand poète (Baudelaire, Rimbaud...) et un faiseur quelconque. Peut-être que vous n'êtes pas capable, vous, de faire la différence, mais ne supposez pas que ce soit le cas général.

      En outre, j'ai argumenté ma position, je ne l'ai pas seulement assénée comme une vérité révélée. C'est vous qui êtes dans la posture du Grand Sage qui, plein de recul et de hauteur, affirme que tout se vaut puisque nous ne pouvons pas savoir ce qui vaudra demain. C'est du relativisme et de la facilité. Et du narcissisme : n'étant pas capable de désigner le beau et le vrai, vous décrétez que nul n'est apte à le faire, comme si personne ne pouvait être plus qualifié que vous.

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    10. @ Marco Polo

      " il est ridicule de mettre Franquin au musée, parce que les amuseurs ont leur place au cabaret"

      Voilà qui est parler! Si on continue sur cette voie-là, on finirait par voir un jour Molière joué à la Comédie Française, ou les films de Chaplin projetés dans des salles d' art et d'essai ! Et puis quoi encore ?

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    11. Eh bien voilà, démonstration : incapable de savoir ce que valent Chaplin et Molière, vous vous en remettez à un Avenir tout puissant qui, seul, a les compétences requises. L'idée ne peut pas vous venir que quelqu'un d'autre, du vivant même de Molière, ait pu se dire que c'était pas mal, et même un peu mieux que la comédie de boulevard jouée dans la rue par trois péquenots. Non : on n'en sait rien, il est impossible de faire la différence sur le moment.

      J'ajoute que vous êtes visiblement trop vieux pour un débat sérieux. Vous répondez 2 heures après mon dernier message, mais à propos du premier. Cela n'encourage pas à poursuivre une conversation.

      Mais comme je suis généreux je vais faire comme vous et revenir sur un de vos précédents messages. Vous m'accusiez de tenir cette position : "L'art, c'est ce que moi, je considère comme de l'art ", estimant que cela empêchait le débat. Vous manquez terriblement de logique. Si les philosophes ou les critiques d'art partaient d'un autre principe et attendaient qu'une "postérité" fasse le tri entre ce qui est de l'art et ce qui n'en est pas, ils n'auraient pas beaucoup de travail. Il est bien évident au contraire que tout débat sur ce qu'est l'art suppose, précisément, que c'est à chacun d'en donner une définition qui, pour être personnelle (celle de Hegel n'est pas celle de Kant), ne doit pas être absurde pour autant. C'est vous qui refusez le débat en arguant vaguement qu'on ne peut rien savoir sur le moment et que nos successeurs seuls pourront (on ne sait par quelle magie supérieure à la nôtre : le succès posthume ?) identifier ce qui vaut et ce qui ne vaut pas. Une telle attitude vous oblige à aller voir tous les films qui sortent, toutes les pièces de théâtre, toutes les expositions, des fois que le génie de l'avenir s'y soit glissé et parce que vous n'avez aucun moyen de faire un premier tri. Le problème, c'est que même après avoir vu le film, la pièce ou l'expo, vous demeurez incapable d'établir une hiérarchie, parce qu'on ne sait pas ce que l'avenir retiendra ! Dites plutôt que vous ne comprenez strictement rien à l'art, ce sera plus en rapport avec ce que vos lecteurs commencent à comprendre à votre sujet.

      Cela dit sans acrimonie particulière, bien sûr.

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    12. À toutes les époques, en effet, il se trouva des gens pour ne pas attendre le "jugement de la postérité" (dont, par ailleurs, je crois bien qu'ils se foutaient). Puisqu'il vient d'être question de Molière, citons Boileau, par exemple.

      D'autre part, la postérité n'est pas le seul garant et encore moins un garant absolu. Ou alors, il faudrait établir le nombre de siècles (de millénaires ?) après lequel elle devient absolument fiable et non révisable. Ainsi, L'Astrée de d'Urfé a été un "best-seller" durant plus d'un siècle, avant de sombrer dans un oubli presque total (au moins par rapport à sa vogue précédente) : dans ce cas, qui avait raison ? Les gens du XIXe et du XXe siècles qui ne le lisaient plus, ou bien ceux du XVIIIe qui continuaient d'en faire leurs délices cent ans après sa parution ?

      La vérité est que, comme le dit plus ou moins M. Polo, la "postérité" est pour la plupart des gens (et, malheureusement, je ne ne puis pas m'extraire de leur lot) une estampille commode, une sorte de "label" qui leur certifie la qualité de ce qu'ils voient, écoutent, lisent, etc. Qualité qu'ils seraient le plus souvent incapables de repérer par eux-mêmes. Et il faut déjà acquérir une certaine indépendance d'esprit pour s'avouer à soi-même, puis le confesser publiquement, que tel "génie" de la peinture du XVIIe siècle nous emmerde ou que tel "grand écrivain" du XIXe nous semble pompeux et illisible.

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    13. @ Marco Polo
      Mon avis sur "Qu'est-ce que l'art?" - enfin, mon exposé de l'avis auquel j'adhère le plus :

      http://www.marianne.net/elie-pense/pourquoi-prix-nobel-litterature-bob-dylan-est-grossiere-erreur-100247145.html



      @ Didier Goux
      La postérité n'a pas davantage raison que le présent ou le passé.

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    14. Crois pas...Le Moyen Age négligeait l' Antiquité : avait-il tort ou raison ? La Renaissance l'a redécouverte : avait-elle tort ou raison ?

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    15. @ Didier Goux, suite

      Ce qui est vrai dans le temps l'est également dans l'espace : la majorité des Chinois sont plus sensibles à l' Opéra de Pékin qu'aux opéras de Wagner - et, pour nous, c'est l'inverse : peut-on dire que l'un des deux "a tort" et que l'autre "a raison" ?

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    16. Il est parfaitement faux que le Moyen Âge négligeait l'Antiquité. Il se passionnait pour elle, au contraire, et lui doit la plupart de ses erreurs scientifiques : les érudits médiévaux avaient tendance à accepter les carabistouilles des Anciens avec trop de crédulité. Les hommes du Moyen Âge ne disposaient pas de tous les textes antiques que nous avons, mais le peu qu'ils avaient, ils n'ont cessé de le perpétuer, de le traduire, de l'adapter, de s'en inspirer.

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    17. Monsieur Arié, vous dites encore une bêtise : le Moyen Âge ne méprisait pas l'Antiquité, bien au contraire. Parcourez deux ou trois pages de saint Thomas d'Aquin, par exemple, et vous verrez des références constantes à Aristote, que le saint nomme plus simplement "le philosophe".

      Entrez dans une église romane et regardez les chapiteaux. Ce ne sont pas les "obscurantistes" du Moyen Âge qui ont inventé les centaures, les sirènes et bien d'autres monstres dont ils peuplent leurs sculptures, ils les ont repris aux Romains. Tenez, ce motif classique des griffons encadrant un calice, par exemple, que l'on voit un peu partout à l'époque romane : c'est la reprise directe d'un motif romain où le calice était une urne funéraire. Les griffons en étaient les gardiens symboliques, comme ils le sont du calice de l'eucharistie. Non seulement il y a inspiration, mais celle-ci témoigne d'une fascination pour le monde antique.

      Il y a bien une différence entre le rapport à l'antiquité des médiévaux et celui des renaissants, mais ce n'est pas celle que vous dites. Comme l'a montré entre autres Panofsky, les médiévaux récupèrent et assimilent l'Antiquité - ils la christianisent, notamment -, alors que les renaissants l'aiment pour elle-même (cela dit en gros et pour faire simple).

      Je ne vous sers cette petite leçon qu'afin de mieux vous faire comprendre que vous parlez trop par clichés scolaires (la bataille d'Hernani, les Refusés, la Renaissance qui découvre l'Antiquité...). Un gros travail de mise à jour et d'approfondissement me semble nécessaire.

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    18. Ah, fichtre ! je me suis fait prendre de vitesse par MM. Usseil et Polo ! C'est en gros ce que j'allais répondre (mais en nettement moins bien), mais j'ai attendu d'avoir fini mon nouveau billet, dans lequel on va s'occuper des astrologues chinois et de Tycho Brahé, ainsi que de l'explosion de deux supernovae…

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    19. Dans des commentaires, on ne peut procéder que par raccourcis ; par cet exemple du Moyen-Age et de la Renaissance par rapport à l' Antiquité, je ne parlais pas de leurs relations littéraires, philosophiques ou théologiques, mais artistiques ( c'était le sujet du billet); je voulais dire que les gens du Moyen Age passaient devant les ruines de l' Antiquité sans y prêter attention, alors que la Renaissance a porté un autre regard sur elles et les a considérées comme "un art".

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    20. Mais c'est toujours faux et archi faux. Tapez sur Google quelque chose du genre "remplois romains dans l'art roman", par exemple.
      Et venez ensuite faire amende honorable, nous saurons vous pardonner.

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    21. Marco Polo : qu’on se rassure, je n’échangerais pas un seul dessin de Pierre-Paul Prud'hon contre tout l’œuvre de BMPT.

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    22. Alain : je vous savais sérieux et fiable, n'ayez crainte !

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  23. Et pour illustrer cet effondrement culturel, on en reviendra toujours à la grande misère intellectuelle tant elle peut avoir mauvais genre !

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  24. Quel débat-débile où l'on assiste à des joutes où l'on compare des carottes à des aspirateurs en nous expliquant que l'un est plus qualitatif que l'autre, ou vice-versa. Trop drôle.

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    1. Commentaire intéressant, cependant. En gros, Marco Polo et moi disons que l'on peut très bien aimer les carottes (voire les Cairotes), mais qu'elles n'ont rien à faire à la devanture d'un magasin d'électroménager. Alors que nos contradicteurs, eux, soutiennent que la carotte et l'aspirateur étant tous les deux des objets utiles à l'homme (en fait, surtout à la femme…), il est tout à fait vain de vouloir les différencier.

      À cela s'ajoute M. Arié, qui nous enjoint de ne pas présumer de l'avenir, de l'époque lointaine où nos descendants tiendront peut-être les carottes pour de super-aspirateurs, ou inversement.

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    2. M’enfin ! les carottes ne seront jamais des aspirateurs et réciproquement ! Je veux seulement dire qu’après les décennies de mépris dont les arts de la main en général, et le dessin en particulier, furent (et sont sans doute encore) l’objet de la part de Modernœud, cette expo peut être vue comme le début du commencement d’une ombre d’un changement, d’une ouverture, comme disent nos amis progressistes. Ceci dit sans confondre les genres. Mais peut-être suis-je exagérément optimiste…

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    3. D'ailleurs n'est-ce pas Léonard de Vinci lui-même qui était extrêmement féru de dessin et de prototypes à l'allure moderniste ?

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    4. Les carottes peuvent très bien devenir des aspirateurs, pour peu que ceux qui font l'opinion décident qu'elles doivent l'être : on voit cela tous les jours ; dans d'autres domaines que celui des carottes et des aspirateurs, certes.

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    5. On voit cela tous les jours, mais on n'est pas forcé de croire les faiseurs d'opinion.

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  25. Là-dessus, je vous laisse jusqu'à demain matin : là, j'ai Breaking Bad

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  26. Ben j'veux pas dire mais y'a aussi Pluton Talon et c'est pas de la tarte hein??

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  27. Il y a de nouveau un truc qui a dû m'échapper. Marcel Gotlib est mort, mais ici on cause de Franquin (que j'adore) avec des références à Achille Talon et on nous pompe l'air à grands coups d'aspirateur à carotte...
    J'ai donc fait une recherche dans mon widget Google-Antisémite et...rien, on dirait même que Gotlib était juif, ni plus ni moins.
    Un rejet de longue date comme pour Fellini ? Non, il y a 3 références sur le blog et ça ne semble pas altérer la bonne humeur des commentaires, aucune réaction hystérique de Mildred, Georges est aussi méprisant et désagrable que de coutume...
    Peut-être que Gotlib n'a pas fait de crise de nerfs à la TV en hurlant Taisez-vous mais taisez-vous ?
    La gloire posthume tient à peu de chose.

    http://didiergouxbis.blogspot.ch/2010/10/travailleurs-les-proverbes-vous-mentent.html
    http://didiergouxbis.blogspot.ch/2011/02/et-voila-jai-replonge.html
    http://didiergouxbis.blogspot.ch/2012/09/roma-termini-ou-la-modification.html
    Je fais pas de liens, par flemme surtout, mais on dira que c'est par crainte de faciliter la tâche des révisionnistes wagnériens (cf commentaires).

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    1. @ jazzman

      Qu'est-ce que le judaïsme et l'antisémitisme viennent faire dans ce débat ?
      Rien de plus pénible que les obsessionnels qui viennent déposer partout leur monomanie.

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  28. Marco, Remi,

    Un peu de respect pour Arié. Il est vieux.

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    1. Vous avez raison. Nous sommes désolés. Nous, les réacs, nous respectons les cheveux blancs.

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  29. Bon, maintenant qu'Elie Ayéé a fait son caca nerveux, je pense que vous pourriez répondre à ma question que vous avez, je suppose, comprise contrairement à lui ?
    Parce que Gotlib a pondu quelques planches sur le sujet Est-ce que les dessinateurs de petits mickeys sont des artistes contrairement à Franquin.
    Et comme il vient de casser sa pipe, c'était l'occasion de lui faire un petit clin d'oeil. Non ?

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