dimanche 27 août 2017

Nos dimanches Dávila, 1


– Même la vérité la plus discrète apparaît aux modernes comme une intolérable impertinence.

– Quand une langue se corrompt, ses locuteurs s'imaginent qu'elle rajeunit. Sur la verdeur de la prose actuelle on distingue des moirures de charogne.

– Ce qui n'est pas niais paraît à l'homme moderne soit criminel soit obsolète.

– Le métèque ne fait aucune concession à l'autochtone.

– Le marxisme a mis à la disposition de ceux qui ne comprennent pas les questions le répertoire de réponses le plus adéquat.

– Exiger de l'intelligence qu'elle s'abstienne de juger mutile sa faculté de comprendre. C'est dans le jugement de valeur que culmine la compréhension.

– “Conscientiser” : variante pudique d'endoctriner.

– La plus grave accusation contre le monde moderne, c'est son architecture.

– L'université est le lieu où les jeunes gens devraient apprendre à se taire.

– Le sot se met à hurler que nous nions le problème lorsque nous montrons la fausseté de sa solution favorite.

– Est moderne l'homme qui oublie ce que l'homme sait de l'homme.

– Les cultures se dessèchent lorsque leurs ingrédients religieux s'évaporent.
 

29 commentaires:

  1. Pas mal du tout, ces sentences.

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    1. Vous devriez acquérir les deux volumes de lui que je signale ; car ma sélection sera forcément partiale, voire "mutilante".

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  2. Quelquns unes vraiment très fines, quelques autres superficielles (la première marche aussi bien si on remplace "modernes"par "anciens")

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    1. C'est souvent le propre des aphorismes et des maximes : essayez avec celles de La Rochefoucauld, vous verrez que ça "marche" très souvent.

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  3. "Plus j'avance dans la vie, plus je ne crois qu'à ce que je ne comprends pas et plus me parvient le sens obscur du mot : "Credo quia absurdum", qui, prêté à saint Augustin, n'est naturellement pas de lui."
    C'était la participation de Courteline !

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    1. Reste à savoir maintenant de qui est la célèbre formule en question. Laquelle, du reste, ne me paraît pas tellement obscure.

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    2. Je crois que c'est normal, puisqu'à ce que j'ai compris, vous avanciez en âge aussi.

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  4. Je me demande s'il n'est pas un peu réactionnaire, ce gars.

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    1. Je reconnais qu'on peut en avoir le léger soupçon.

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  5. – Le métèque ne fait aucune concession à l'autochtone.

    – L'autochtone ne fait aucune concession à l'aborigène.

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    1. Ah, mais, c'est que, pour le coup, la seconde (la vôtre donc) est totalement fausse ! On en a malheureusement la preuve tous les jours sous nos latitudes.

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  6. – L'université est le lieu où les jeunes gens devraient apprendre à se taire.

    – L'école est le lieu où les jeunes gens devraient apprendre à se taire.
    (on n'apprend pas à se taire à 18 ans)
    (De toute façon, c'est aux pères d'apprendre aux jeunes gens à se taire)

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  7. Ho !
    La première et celle qui parle d'architecture tapent, à mes yeux, en plein dans le mille.
    Vous me donnez une nouvelle fois envie de faire une visite à mon libraire.

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    1. N'hésitez pas ! Les deux livres dont je donnais les noms dans le précédent billet (éditions du Rocher tous les deux) valent vraiment la peine d'être lus et relus.

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    2. Il y a aussi "Carnets d'un vaincu" chez L'Arche éditeur.
      Joël

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    3. J'ai failli le commander tout à l'heure, mais, tout soudain, j'ai été envahi par le soupçon qu'il pourrait s'agir d'une sorte de “best of” ne contenant que des aphorismes tirés des deux autres. Du coup, je n'ai pas oser produire le "clic" fatidique…

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    4. C'est possible. A vrai dire, le lisant peu à peu car ce genre de littérature demande beaucoup d'attention, je ne peux encore vous renseigner. Après achat des "Carnets", j'ai essayé de le vérifier mais pour le moment je n'ai pas la réponse.
      Joël

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    5. Essayez "Les horreurs de la démocratie", c'est également très peu gauchiste.

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  8. Et Didier Goux, bardé de sa superbe, a cru comprendre qu'il suffisait d'être intolérant pour faire croire être cultivé. Et toutes mes félicitations à Marco Polo, pour son intervention dès 7h40 : si même ici, on ne respecte plus la retenue de l'avant-messe, c'est bien qu'on a sombré.

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    1. La lecture de n’importe quel blog gauchiste vous prouvera qu’on peut être intolérant et inculte.

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    2. J’ajoute que ma précédente remarque ne contredit évidemment pas la maxime de Nicolás Gómez Dávila, en ce sens où les intolérants se divisent en deux catégories :
      - Les cultivés, généralement réactionnaires comme notre Colombien.
      - Les incultes, généralement gauchistes. Si vous voulez des noms, consultez notre hôte, qui en connaît un rayon.

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    3. Et Pastis,bardé de sa superbe, a cru comprendre qu'il suffisait d'être tolérant pour parler français (très joli, votre "faire croire être cultivé"). Cela dit, Didier, la nouvelle présentation de votre blog ne me parait pas très heureuse. Mon côté réac, peut-être ?

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  9. Tout comme Anatole j'ai relevé cette phrase qui me parait fort pertinente.

    " – L'université est le lieu où les jeunes gens devraient apprendre à se taire."

    Comme il se trouve que bon nombre de frais bacheliers ne trouvent pas de place à l'université, malgré leurs belles mentions, on peut espérer qu'une prochaine génération la ramènera moins.
    Car à défaut d'apprendre un métier, ces jeunes assimilent vite la langue qu'ils ont bien pendue, surtout pour ne rien dire.

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  10. Ce qui est gênant, dans cette série d'aphorismes, c'est que -comme tous les aphorismes- il n'y a pas lieu de les approfondir, encore moins de les contester : c'est à prendre (mais pas à laisser ); un peu comme les sourates du Coran.

    L'université, et même le lycée, devraient être des lieux où les étudiants apprennent non pas seulement à se taire, mais aussi et surtout à réfléchir sur ces vérités révélées (et, là, impossible de développer sa réflexion en se faisant ); chacune des phrases de Davila citées dans ce billet pourrait faire le sujet d'une dissertation de philo ("Commentés cette phrase de Davila..."), et il n'est pas bon de remettre une copie blanche.






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    1. Absolument pas d'accord avec votre premier paragraphe (que, du reste, vous invalidez totalement dans votre second) : un aphorisme est comme la partie émergée d'un iceberg, ou comme une île qui n'est que la pointe d'un continent invisible. Ce qui est intéressant, c'est d'essayer de reconstituer ce qui est resté tu. Et c'est justement ce que, ensuite, vous proposez à vos étudiants de faire !

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    2. Ce que vous dites, Didier, est confirmé par Cioran qui dit quelque part que ses aphorismes sont souvent de longs développements dont il n’a conservé que la conclusion.

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    3. @ Didier Goux

      Mais je crois que c'est ce que j'ai tenté de dire... Enfin, mettons que l'aphorisme serait plus exact en disant "apprendre à écouter" que " apprendre à se taire " ( ce qu'on peut faire en pensant à toute autre chose ).
      Mais, bon, admettons que ce que j'ai écrit ne soit pas très clair (comme en témoignent aussi les nombreuses fautes d'orthographe de mon commentaire); je suis dans le Sud-Ouest, et il a fait 36 ° toute la journée.

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  11. un aphorisme est comme la partie émergée d'un iceberg, ou comme une île qui n'est que la pointe d'un continent invisible. Ce qui est intéressant, c'est d'essayer de reconstituer ce qui est resté tu.

    Pas mieux.

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  12. Encore un auteur dont on ne chantera pas les louanges dans Libé.

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