dimanche 17 décembre 2017

Greguerías del domingo, 2


– Les poules s'installent sur leur perchoir comme si elles s'apprêtaient à assister à une représentation du Don Juan avec le coq dans le rôle principal.

– On dirait que le fer à repasser électrique sert le café aux chemises.

– Le crocodile est une valise qui voyage pour son propre compte.

– La lune est une banque de métaphores en faillite.

– Les cornes du taureau cherchent le torero depuis la nuit des temps.

– Il y a des melons qui ont l'air de fromages, mais ce sont des melons.

– Le calamar est le teinturier des poissons en deuil.

– L'horloge qui retarde est une horloge économe.

– Ce qu'il y a de bien avec le ciel c'est qu'il ne peut pas être envahi de fourmis.

– Il est difficile d'imaginer qu'une tête de mort lisse soit un crâne de femme.

– Une poche trouée est le premier symptôme de la péritonite du costume.

– Les armoires à glaces sont comme des confessionnaux qui savent tout de nos chaussettes reprisées.

37 commentaires:

  1. Les poules servent le café aux crocodiles en faillite depuis la nuit des temps.

    RépondreSupprimer
  2. Les greguerías...ouais...certaines ne sont pas mal, de là à dire que c'est une figure de style dont Ramón Gómez de la Serna est l'inventeur, ça me paraît un peu surévalué. Mais bon.
    Cela fait un moment que vous faites la promo d'écrivains "sud-américains" ayant parfois passé presque toute leur vie en Europe. Bon derechef.
    Mais comme je sais que chez certains rien n'est jamais gratuit (humour), je me dis c'est quoi ce binz ?
    Et comme je lis que RGDS a passé beaucoup de temps en Argentine, je me souviens d'avoir lu un article bizarre à propos de l'Argentine.
    Eh oui, débilo-complotiste c'est un métier à plein temps.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mais celui-ci est espagnol "de souche"…

      Supprimer
    2. Et j'apprends avec beaucoup de retard à l'allumage que Michel Houellebecq a donné une conférence à Buenos Aires. On vit une époque fort minable...euh...formidable. C'est un français de sous...euh...de souche.

      Supprimer
  3. Non, franchement les Greguerias c'est plutôt du comique d'école enfantine, des blagues à trois sous...
    Rien à voir avec le grand Davilà qui nous expédiait illico dans la philosophie de bon aloi !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. « Non, franchement les Greguerias c'est plutôt du comique d'école enfantine »

      Bien sûr. Et, d'ailleurs, si mon fils de six ans se mettait à dessiner ou à taper sur le clavier de mon piano, il ferait aussi bien que Picasso ou Webern.

      Supprimer
    2. Alors ça par contre c'est drôle ! Serait-ce une Gouxana ?

      Supprimer
    3. A votre âge, vous avez un fils de six ans ? Le pauvre.

      Supprimer
    4. Les statisticiens nous expliquent que si un chimpanzé tapait au hasard sur les touches d'une machine à écrire, la probabilité pour qu'il reproduise intégralement, à la virgule près , toute "A la recherche du temps perdu" est très faible, mais ne peut pas être nulle.

      Supprimer
  4. Sinon, au lieu de râler bêtement (ce qui, je vous l'assure, n'aura strictement aucun effet), on peut aussi choisir de ne plus passer par ici le dimanche…

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'institutrice :
      - Et toi mon petit Toto (six ans) quel est le métier de ton père ?
      - Il est mort.
      - Ahem, oui, mais que faisait-il avant mourir ?
      - Il faisait aarghh...aarghh...aarghh...
      Encore un qui râlait bêtement.

      Supprimer
    2. Permettez-moi donc de vous citer du 8 courant : "Rendons la parole à Valery Larbaud : « La greguería est spontanée, inarticulée, irrépressible, plus physiologique peut-être qu'intellectuelle, ineffablement intime. » Nous voilà bien avancés…"
      Et voilà...

      Supprimer
  5. Moi je suis content de ma ration dominicale. Je me fais la voix de la majorité silencieuse. Qui ne dit mot consent.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. À la demande générale et unanime de M. Ghislain, nous continuerons donc les Greguerías.

      Supprimer
    2. Même s'il n'y a que ça, nous serons toujours reconnaissants de votre hospitalité et surtout de vos traits d'esprit !

      Supprimer
    3. Je joins mon mutisme à celui de Ghislain. A la réserve près que si, le ciel peut être envahi de fourmis. Certes, cela n'advient qu'un jour ou deux par année, mais c'est suffisant, et suffisamment désagréable quand elles tombent dans un verre, une assiette ou sur moi pour être dit.

      Supprimer
    4. Les Greguerías ont le mérite de chercher; alors que le système Davilà est transparent et automatique, et ne plaît qu'aux réacs uniquement que parce qu'il est réac.

      Supprimer
    5. Gregueria du dimanche soir : " Qui ne dit mot conscient".

      Supprimer
    6. La pensée favorable aux "greguerias" dominicales s'exprime dans un style ah que on dirait Johnny (RIP) : " et ne plait qu'aux reacs uniquement que parce qu'il est reac".
      Je cherchais ce qui différenciait le gauchiste et l'homme. C'est la pensée et surtout, le style.

      Supprimer
  6. Moi j’adore l’humour dérisoire…

    Il ne doit rien à personne…
    Il est con parfois…

    Mais bon...

    RépondreSupprimer
  7. Quand on ne sait plus où est le bien ni le mal, c'est qu'on est soit trop jeune, soit trop vieux pour ce monde !

    RépondreSupprimer
  8. Ben moi je le trouve drôle le monsieur, léger et pas du tout prise de tête comme on dit.
    Parfait pour un dimanche.

    RépondreSupprimer
  9. – Il est difficile d'imaginer qu'une tête de mort lisse soit un crâne de femme.

    Mais cette dame, près de qui il est assis, cheveux ou pas, on dirait une poupée en celluloïd !

    RépondreSupprimer
  10. Ça nous change de la métaphysique 😁😁😁

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je vois qu'on maîtrise le smiley tel un vrai geek

      Supprimer
    2. Ah oui, tiens ! Comment vous faites Fredi pour les smileys, je veux savoir !

      Supprimer
    3. Bof...
      C'est fourni dans mon téléphone.
      Y'a qu'à choisir.

      Supprimer
    4. Par pitié ! pas de smileys sur le seul blog qui, jusqu'à ce jour, en était épargné !

      Supprimer
  11. De fait, l'art d'écrire des aphorismes est vraiment très pointu et je suppose qu'il faut un talent particulier pour cela. Il s'agit en somme de présenter des réflexions d'ordre plus ou moins philosophiques sous la forme la plus brève et rigoureuse.
    Vous pourriez ainsi organiser des concours, Maître Goux, et nous proposer des thèmes pour avoir la paix pendant un moment !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Sauf qu'ici, il ne s'agit pas d'aphorismes mais de greguerías. Si le señor de la Serna avait voulu écrire des aphorismes, je suppose qu'il les aurait appelés aforismos

      Supprimer
    2. L'aphorisme est juste le terme générique pour définir ce genre de petites sentences :
      "L'aphorisme, en grec aphorismos, du verbe ἀφορίζειν (« définir, délimiter »), est une sentence énoncée en peu de mots — et par extension une phrase — qui résume un principe ou cherche à caractériser un mot, une situation sous un aspect singulier".
      Les Greguerias sont donc des aphorismes.

      Supprimer
  12. Dites moi Monsieur Goux, soulagez moi d'un doute : c'est à un mannequin de cire qu'il est en train de dédicacer son livre Del Domino ?

    RépondreSupprimer
  13. Didier le dit plus haut, Fredi ! il confirme que c'est bien une poupée en celluloïd, comme je l'avais suggéré ;)
    Et maintenant on fait comment pour indiquer qu'on plaisante, c'est bien utile parfois les smileys ;)

    RépondreSupprimer

Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.